19.09.2008
AU CHAT QUI LOUCHE - 3
Quelques instants plus tard, elles arrivèrent dans les rues de Villambre.
Le bourg actuel s'était étendu au pied de la vieille ville, l'enserrant de ses rues passantes et de ses maisons particulières.
Mais le coeur de la vieille ville battait toujours.
Les artisans et certains commerçants s'y étaient réinstallés depuis quelques années.
Les appartements commençaient à être convoité par une certaine population dont la communauté féminine représentait il est vrai une bonne partie.
Autant le bourg comptait de maisons seules avec leurs jardinets, autant la vieille ville serrait autour de ses ruelles de vieux immeubles à deux étages.
Leurs portes basses et voûtées leur faisaient office de bouches étonnées, et leurs fenêtres aux petits rideaux de dentelles semblaient voiler leur regards de cils gracieux.
Certaines rues attiraient tant les curieux en période estivale qu'il devenait difficile d'y circuler.
Dans les alentours on s'étonnait toujours de la situation de Villambre, installée sur une butte venue d'on ne sait où dans cette région où les vallonnement n'étaient guère de mise.
Greg rangeât sa voiture sur une des placettes qui ponctuaient la vieille ville d'espace de respiration.
Certains habitants tentaient de les convertir en jardinets cossus, luttant avec acharnement contre les vents qui débouchaient avec violence de toutes les ruelles adjacentes.
Muriel descendit la première et Greg sourit intérieurement de son impatience.
Elles se dirigèrent à pas lents vers le fond de la place, se faufilant dans les ruelles avec une habitude de lieu déconcertante.
Elles gagnèrent ainsi la rue Martinet qui montait en pente douce jusqu'à la hauteur d'une porte cochère.
Au dessus de celle ci une enseigne en fer forgée oscillait.
Narguant le passant d’un regard étrange, l’animal de fer était assis sur l’inscription « Au Chat qui louche »
Greg ouvrit la porte devant Muriel .
Il y avait là quelques femmes attablées devant un verre et Muriel se dirigeât directement vers une des tables.
Greg vit Sophie et Marion leur faire signe.
Elles s'embrassèrent et s'assirent .
-'Alors, comment allez vous ?'
-' Eh bien ma fois, tu nous trouves en pleine forme, devant un petit verre qui réchauffe, le soleil est bien trop rare par ici, ' lui répondit Sophie.
-' Je vois que tu as toujours besoin d'excuses et que tu ne nous à pas attendues pour trinquer avec nous.' intervint Muriel.
Greg sentit une présence derrière son dos et une main se posa sur son épaule.
-' Bonsoir mesdames' dit la voix sans ôter sa main.
Greg leva les yeux et croisa le regard de Sarah qui leur souriait.
Elle se pencha vers elle, l'embrassa puis s'approcha de Muriel qu'elle embrassa à son tour avant de serrer la main de Sophie et Marion.
Elle s'éloigna.
Mais Greg sentait sur elle le regard de Sarah.
Elle se retourna innocemment dans la direction du bar et tout en regardant ailleurs elle s'aperçut que cette dernière riait avec une personne accoudée au comptoir en regardant de temps à autre dans leur direction.
Greg se leva.
-'Excusez moi, je reviens.'
Mais elles étaient toutes les trois plongées dans leur discussion et ne prêtèrent pas cas.
Greg se dirigeât vers les sanitaires et y entra.
De là elle voyait très bien le visage de la femme prés du bar.
Greg s'avança finalement vers le bar et s'assit sur un des tabourets.
Elles arrêtèrent leur discussion et Sarah se tourna vers elle:
-'Tu abandonnes tes invités?'
-'Ta question m'étonne, pour quelle raison les abandonnerais-je? Tu sembles être au courant de motifs qui devrait me pousser à le faire...’
-'Non, ne le prend pas mal, on discute c'est tout, tu sais bien qu'en fréquentant des personnes comme...'
Greg l'interrompit.
-'Je suis surprise que tu tiennes de tels propos Sarah je t'ai connue moins sectaire par le passé, mais tu sembles avoir des raisons qui te pousse à le devenir aujourd'hui' dit-elle en jetant un regard vers fille blonde .
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13.06.2008
LES FEVES
VIVE LES FEVES

En Mars, j'ai semé des fêves et pour la première fois dans notre potager, nous avons vu s'épanouir une plante ma fois quelque peu gaillarde !
En ce week end de Fête des pères, je cherchais un plat original et de production "locale".
Voilà qui est fait, j'ai ce matin grace au web trouver moulte recettes de fèves :
Tajine d'agneau au fèves.
Tajine fèves et artichauds.
Cosses de fèves à la portugaise ( je ne savais pas que l'on pouvait manger les cosses !!!)
Fèves à la catalane.
J'en passe et des meilleures...
Je pense opter pour un tajine, mais en tout cas je pense que c'est un légume qui va peupler mon potager chaque année et qui en plus peut se consommer frais de juin a Sepetembre et qui ramassé sec ensuite peut constituer un plat d'hiver au même titre que poids chiche et autres haricots secs!
Vu le prix exorbitant de ce légume dans le commerce et sa rareté, je ne dit qu'une seule chose :
VIVE LA FEVE AU POTAGER


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05.06.2008
MESSAGE DE COCOTTE

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13.05.2008
Retour
Salut,
bonjour a vous visiteurs de passage.
Me voilà de retour après un début d'année qui m'a permis de prendre un peu de recul !
Une fracture de main m'a éloigné de mon clavier et de mon boulot depuis le 15 Janvier.
Du coup depuis quatre mois plus de réveil qui sonne à 4h du mat.
Malgré les médicaments et le reste, je dois avouer qu'une énergie nouvelle m' habite.
Je me dit que tous cela n'est pas gratuit et je suis aujourd'hui prête à écouter un peu plus mon corps,
Je pense qu'il est temps.
Je ne sais pas encore comment mais un virage professionnel serait le bienvenu.
Un boulot moins loin de la maison, des horaires plus classiques.
Peut être un mis temps là ou je suis et le reste ici en journée?
Enfin pour l'instant rien de plus précis sauf que oui, je me rend compte que physiquement le rythme qui est le mien depuis maintenant plus de huit années m'use un peu vite.
Depuis maintenant un bon mois et demi, je me sent mieux, plus en paix avec moi même, moins fatiguée et du coup mieux aussi avec les autres.
J'ai l'impression qu'il fait plus clair, comme si la couleur des jours était moins sombre.
Je n'ai plus envie de fermer les yeux sur tout ce qui me saute au visage.
Mon corps m'alerte et je ne veux pas ne pas l'écouter.
Le soleil brille pour nous tous, il ne tient qu'à nous d'en profiter.
Reste juste à trouver comment !!!
A+
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20.01.2008
VIVE ANNE ROUMANOF
Y'a vraiment des choses qui m'enchantent !!!
A Déguster sans modération un vrai bonheur...
http://www.youtube.com/watch?v=sfXNXQA7kBA
Bonne jounée à tous
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10.01.2008
GOODYEAR
07:12 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17.12.2007
Bed and Breakfast
Le gîte et le couvert !
depuis leur instalation dans leur nouvelle écurie, Olgasana, Flicka et Zaouina semble s'adapter le mieux du monde à leurs nouvelles conditions de vie...
La preuve par trois s'il en fallait une.
Un aprés midi ensoleillé, 16 Décembre à 14h30 !!!

Notre Zouzou, mamie de 19 ans cette année.
Nous avons du réveiller les deux plus jeunes histoire de se faire une petite ballade
10:01 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.12.2007
AU CHAT QUI LOUCHE -2-
Le feu crépitait dans la cheminée, quelques bûches venaient d'y être ajoutées et Greg les bousculait un peu avec un tisonnier.
Il n’était pas trop tard; un de ces soirs ou rentrée en fin de matinée de Lernes, elle avait passé l’après-midi en forêt .
Sur la chaise sa veste épaisse était posée ou plutôt jetée, d'ailleurs quand Muriel rentrerait, elle irait la placer, par habitude.
Comme chaque soir Greg était installée, les jambes croisées devant le feu, bien au chaud dans son fauteuil crapaud.
Elle regarda négligemment l'heure à sa montre.
On sentait dans son geste une tension de la main, comme une impatience dissimulée .
Elle repensa à l'après-midi écoulé, au temps qui passait et à cette maison où elle avait passé son enfance.
Après une journée comme celle là, Greg n'avait plus qu'une envie, serrer Muriel dans ses bras et lui murmurer toutes ces choses, toutes ces douceurs.
Etranges sensations.
Dans des moments comme celui là, Muriel lui était essentielle.
A d'autres, la question de savoir si ce qu'elle éprouvait pour elle n’était pas qu’un sentiment de sécurité la torturait.
Il lui venait parfois des envies de départ, de fuite et d'abandon, mais elle savait bien qu'elle n'oserait jamais abandonner tout le bien être de sa petite vie rangée.
Sa cigarette se consumait au bout de ses doigts...
Un bruit de graviers monta de l'allée;
Par la fenêtre, Greg l'aperçut en train de fermer sa portières et de se diriger en courant vers la porte d'entrée.
Il y eut des pas pressés sur l'escalier de pierre et elle apparut dans l'embrasure de la porte d'entrée.
-"Ho quel froid ! Je suis complètement gelée" dit Muriel .
Elle s'approcha jusqu'au feu pour y prendre un peu de chaleur.
Malgré le temps qui passait, Greg ne cessait de se sentir attendrie par ce petit bout de femme .
Elle s'approcha d'elle, la pris dans ses bras et la berça en regardant le foyer.
- "Ta journée s'est bien passée ?"
- "Oui mais ... , je suis claquée" dit-elle en se débarrassant de son sac.
- "Bon et bien tant pis alors"
- "Tant pis quoi ?"
- "J’avais envie de sortir faire un tour ce soir "
- "Oui , pourquoi pas, mais laisse moi le temps de souffler un peu et de prendre un bain"
Muriel leva la tête vers Greg et l'embrassa .
Ce que Greg aimait plus que tout chez elle c'était cette manière qu'avait Muriel de s'abandonner; cette sensualité qui se dégageait d'elle à certains moments.
-"Ok, prends ton temps, je vais faire un tour à la chaufferie"
Dehors, il commençait à faire froid .
Elle passa monter la chaudière car les nuits étaient de plus en plus fraîches.
Le vent bruissait dans le arbres du parc et la nuit étoilée laissait présager du beau temps pour le lendemain.
Mais une force l'attirait, elle pensait à Muriel qui devait s'apprêter à prendre son bain.
C'était agréable de penser a son corps, d'être à distance, en bas, et pourtant tout prés d'elle .
Elle monta vers l'entrée, s'y arrêtât et repartit pourtant aussi vite...
Sa veste n'était plus sur la chaise , il n'y avait plus personne dans la salle à manger.
Elle entendit un air de jazz et gravit l'escalier de bois.
La chambre était éclairée par une lumière feutrée et une lueur filtrait sous la porte de la salle de bains.
Son coeur battait .
Elle ouvrit la porte et s'immobilisa.
- " Fermes s'il te plaît il fait froid ".
Elle referma négligemment et s'adossa contre la porte de la salle de bain.
La température de la pièce contrastait fortement avec l'air froid du soir.
Muriel était dans l'eau, confortablement installée.
Greg s'approcha, s'assit à coté de la baignoire en poussant d'un geste distrait la mousse qui était tout prés de sa main.
L'eau était chaude; il faisait bon.
Son bras s'enfonça un peu plus dans l'eau.
- "Je croyais que tu voulais sortir..."
- "Je suis très impatiente de sortir et je crois que je vais d'ailleurs te bousculer un peu!"
Elle enleva ses vêtements, saisi une pince, attachât ses cheveux et se glissa avec elle dans la grande baignoire ronde.
Ainsi remontés sur la tête, ils lui donnaient suivant l'expression de Muriel "une allure de choux à la crème" ce qui avait d'ailleurs le don de froisser Greg très attachée à ses longs cheveux.
Elle la taquinait, mais adorait sa chevelure épaisse où elle aimait cacher son visage et respirer l'odeur de Greg.
Mais elles n'urent guère le temps de profiter de leur intimité; la sonnerie du téléphone portable retenti.
Muriel, qui en femme prévoyante l'avait placé à portée de main, décrocha.
-"Allô? Ah, Sophie, comment vas-tu? Oui..., bien, un peu claquée par le boulot, mais tu sais ce que c'est, le Vendredi on trouve toujours un peu d'énergie...
Oui, ce soir mais écoute je te la passe, moi je n'en sais pas plus."
Elle tendit le combiné à Greg.
-"Allô, So, comme toujours..., eh bien j'emmène ma dulcinée chez Sarah, vous nous rejoignez là-bas ?
Très bien nous y seront vers 20h; à tout l'heure alors."
Elle raccrocha.
-"Chez Sarah! Oh, mais dis donc on s'encanaille ce soir!"
-"Evidemment..."
-"Tu sais mon amour, on devrait un peu activer la manoeuvre."
Le visage de Muriel s'était éclairé, et son oeil rieur pétillait.
-"Dis moi une chose Mu, pourquoi est-ce que cet endroit te fascine tant?
Je sais bien qu'il ne s'agit pas de Sarah , bien au contraire, Sophie et Marion n'y sont pas non plus pour quelque chose, alors explique moi."
-"Eh bien disons que je jubile car j'aime te voir dans ce décor de pierres, tu fais très `Chouan' avec ton catogan . Et puis je trouve très excitant de tyranniser cette pauvre Sarah qui s'évertue à vouloir être mon amie sous prétexte que tu as eu une aventure avec elle dans tes `jeunes années'."
Greg sortit de l'eau, enfila un peignoir et se dirigea vers la chambre.
Ce soir elle se sentait de joyeuse humeur.
Voir Sophie l'enchantait, elle éprouvait pour elle une profonde amitié et celle ci le lui rendait bien.
Elles s'étaient rencontrées par l'intermédiaire de Muriel lors d'une soirée à l'hôpital de Lernes.
Comme dans beaucoup de petites villes, la communauté de femmes ayant choisi de vivre leur préférence se connaissait plus ou moins.
Greg avait déjà entendu parler de cette femme de dix ans son aînée et pas réellement en bien.
Aussi s'était elle tenue sur ses gardes lors de cette rencontre.
Mais elle avait du se rendre à l'évidence, les quelques mots qu'elles avaient échangées la lui avaient montré à son avantage et elles avaient plutôt sympathisé.
Ou plutôt disons qu'elles avaient eut l'impression de s'être toujours connues.
On avait décidé de se rencontrer à l'occasion du week-end end et une réelle amitié était née de ces après midi passés ensemble en toute simplicité.
Sophie avait 38 ans, ronde, plus petite que Greg, elle n’avait pas un physique de rêve, mais son charisme et sa personnalité en imposaient.
Blonde aux yeux marrons, son visage rieur était empreint d'une maturité et d'une force peu commune.
Originaire de l'autre bout de la France elle s'était retirée dans la région depuis quelques mois et son arrivée dans aussi petite ville avait semé un vent de panique dans la communauté féminine du pays.
Chirurgien émérite, elle avait acquis ses lettres de noblesse en étant l'élève des plus grands noms de sa spécialité et sa réputation l'avait précédé lors de son arrivée.
Elle s'était installée à son compte devenant propriétaire de son propre établissement, spécialisé dans la chirurgie post-traumatique.
Sa réussite foudroyante avait suscité des convoitises et celles ci s'étaient rapidement transformées en jalousie.
Mais Sophie se protégeait de tout, et le seul appui qu'elle avait réussit à conserver était celui de celle avec qui elle partageait sa vie, Marion.
Marion avait quelques années de moins que Sophie.
Elle l'avait suivie à Lernes consciente de cette nouvelle vie qui s'offrait à elles deux.
Elle avait un caractère marqué et sous ses airs posés, elle régentait son intérieur, aimant Sophie jusqu'à la déraison et la protégeant de tous.
Elle vivait enfermée dans une tour d'ivoire dont Sophie en avait fait le joyaux.
Greg regarda sa montre, il était 19h30, elle était prête.
Son reflet dans le miroir lui renvoyait une image qui la rassurait.
Elle approchait de ses trente ans et elle était ce quelle avait toujours voulu être, un être libre de ses actions et de ses sentiments.
-"Alors, est ce que ça va?..."
Muriel se tenait devant elle inquiète de sa tenue, de sa coiffure.
Comme à chaque fois quelle la regardait dans ces instants là Greg s'amollissait.
Son regard inquiet, ses gestes imparfaits traduisant cette impatiente attente d'une réponse la bouleversaient.
-"Parfait..., comme toujours."
Muriel acquiesça, elle avait sa réponse.
Greg alimenta la cheminée et ferma l'insert.
Elles descendirent au salon, enfilèrent leurs blousons et sortirent.
Une portière claqua, on entendit le crissement des graviers dans l'allée et la nuit se referma sur la Closeraie.
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13.11.2007
AU CHAT QUI LOUCHE -1- INTRO

Quand elle entra dans l’appartement de Laurence, la fraîcheur de la pièce la surpris.
Inhabité depuis leur rencontre, plusieurs mois s’étaient écoulés et tout semblait s’être figé.
Peu de meubles, leur modernité tout aggravait cette impression détestable que Greg avait ressenti dans ces appartements contemporains quelle appelait ‘Les Vitrines’.
Pas de plantes, pas de chat, pas de miettes, pas de chaussures qui traînaient dans un coin, pas de cheminée, rien, en un mot « pas de vie ».
L’odeur fade et froide de l’absence s’était installée.
Elle s’approcha ouvrit les fenêtres et poussa tous les volets pour chasser l’obscurité et laisser entrer l’air du printemps. La chambre, la salle de bain, elle ouvrit tout en grand.
Elle était attachée malgré elle à toutes ces choses qui les avait vues ensemble.
Il lui fallait les choyer pour ne pas abîmer les quelques souvenirs qu’elles lui offraient.
Elle revint vers la cuisine, ouvrit un placard, mis de l’eau à chauffer et se prépara un thé.
Puis, elle choisi un disque et s’installa dans la chaise club rouge.
Mais alors que la musique commençait à filtrer, le fracas de la fenêtre de la chambre la fit sursauter.
Elle se leva d’un bond.
Dans la chambre, l’air s’était engouffré vers la salle de bains et le dessus de lit avait glissé.
Au mur, le tableau de Lempicka était penché et Greg s’approcha pour le remettre en place.
Mais rien n’y fit, il était impossible de le faire tenir droit.
Elle le décrocha du mur.
L’accroche tableau était tordue.
Elle essaya de le redresser, mais..., avec un couteau, peut être...
En l’emportant vers la cuisine, elle sentit quelque chose sous ses doigts.
Entre la toile et les montants du tableau, des feuilles de papier étaient coincées.
Greg les fit glisser vers l’intérieur.
Une écriture torturée s’étalait devant elle.
Elle posa le tableau sur le canapé avant de s’y asseoir, les lettres à la main.
L’espace d’un instant elle eut envie de les remettre à leur place.
L’air frais la fit frissonner et l’arrêta presque; mais elle le savait, il y avait des moments où il était impossible de revenir en arrière.
Il s’agissait sûrement de vieilles lettres de Sophie, car Greg la reconnaissait, cette écriture perturbée, tracée à l’encre noire était la sienne.
Elle prit la première feuille.
Il n’y avait pas de date et elle commença à lire.
Juste pour le plaisir d’occuper un peu plus ton esprit.
Parce que toi comme moi savons que personne ne peut s’immiscer entre nous.
Parce que ta voix au téléphone ne me suffit déjà plus.
Tu m’as quitté depuis deux heures et j’ai toujours ton odeur sur moi.
J’attends pour prendre ma douche; toujours un peu plus, jusqu’au dernier moment.
Rien n’est plus intense que ces minutes que nous leurs arrachons.
Ton plaisir est ma certitude.
Ton avidité m’exaspère et m’est indispensable.
J’écris mon désir de toi, et rien ne m’en libère, mais je sais qu’il en est de même pour toi, et c’est ce qui me permet de résister encore.
Combien de temps peux-tu rester sans nous ?
Combien de temps peux-tu la laisser te toucher sans que tu ais besoin de moi?
La violence de ma faim n’a pas de limite, tu m’appartiens quoiqu’il advienne.
J’attends déjà de t’avoir contre moi pour pouvoir te posséder encore et toujours.
Tes roses se fanent sans toi.
S.»
Greg était figée, nerveusement elle déplia la suivante.
Bruxelles, 23 heures
La pluie, ces kilomètres qui nous séparent et ta douceur aux pourceaux.
Je suis folle de colère, dix fois j’ai failli décrocher le téléphone à côté de moi pour entendre ta voix.
Je me retiens de ça et de tout le reste, je partage mon temps entre ces dîners abjects pour lesquels je suis ici tout de même et le reste du temps à me languir de ton corps.
Je suis d’humeur maussade, peut être le temps.
Quinze jours sans toi me sont insupportables.
Je t’imagine devant le feu, dans ces dessous noirs que tu avais jeudi.
Je serais de retour Samedi prochain.
Rien n’est entre nous...
S. »
P.S.: J’ai commandé la Mercedes.
Greg laissa tomber sa main sur le canapé.
La Mercedes...
Elle attrapa le tableau et regarda de plus prés, rien, rien de plus…
Dans la salle à manger la chaise club rouge qui n’avait manqué aucuns détails vit Greg s’approcher d’elle.
Elle sentit les deux lettres se poser sur elle et le tableau vint s’appuyer en équilibre contre son dossier.
La femme ferma tous les volets, tira la porte et sortit.
...
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18.10.2007
KASTELLORIZO ou suite de Généalogie !!!
09:46 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note










