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20.04.2007

Suite de la CHAISE -CLUB

De ses vies d’avant, l’exotisme n’avait jamais était absent et s’était parfois cacher dans l’imaginaire jouissif de gens simple et direct.

Elle avait vécu les odeurs fortes et transpirantes d’étés étouffants, l’humidité engouffrée d’une porte que l’on lutte pour refermer sur une tempête marine en hiver.

Les soirées empesées d’alcool, de mains grasses et collantes sur ses bras.

Le troquet ou sa jeunesse s’était écoulée était là, sur le quai d’un port de Bretagne ou l’odeur de marée prenait à la gorges.

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Derrière le comptoir, il y avait Mélanie, ou plutôt ‘La Mélanie’.

 

Tous la regardaient comme un phare, un amer, s’y raccrochaient matin et soir après leurs journées de labeur.

 

Quelque soit l’heure et le temps, on se retrouvait à la « Belette rouge ».

 

La Chaise-Club savait que c’était de là que lui venait son excentrique couleur.

 

Elles étaient toutes une bande de Chaise-club rouges, groupées dans un désordre juvénile, vivant en micro société de quatre autour de tables robustes et sages respirant la stabilité.

 

Mais les soirées arrosées de la jeunesse alentours les mélangeaient toutes les fins de semaine et La Mélanie tout en veillant à y remettre de l’ordre n’était pas assez maniaque pour  leur interdire toute les mutations géographique d’hiver.

 

Car à partir du printemps, La Mélanie se faisait plus stricte, pas de Chaise-Club dehors, le soleil Breton les aurait ils par trop agressé ?

 

Rien n’y faisait, il n’y avait eut que de rares occasion au plus gros de la saison touristique ou quelques unes d’entre elles avaient pu se glisser à l’extérieur, emportée par une main subversive.

 

Dans ses souvenirs il y avait aussi l’image de son préféré, son Monsieur Pierre, qui jusqu’à son dernier jour était venu s’assoir au milieu de ses bras.

 

Il tirait lentement sur sa pipe.

 

Il avait les cheveux très blancs sous sa casquette; le visage marqué de longs sillons profonds, un regard dur et clair.

 

Un tranquille qui dévisageait le monde et souriait peu.

 

Et tous les soirs vers 19h, ses mains épaisses saisissaient son verre qu’il finissait de vider, il enfilait son parka, ajustait sa casquette et sortait,… jusqu’au lendemain.

 

Et puis un jour, il oublia sa casquette…, c’était juste quelques jours avant le grand chambardement, si j’avait su …

 

Mais son ignorance le laissa partir sans un geste d’accroche de veste, et, elle ne le revit jamais…

 

Quand la « Belette rouge » ferma, le mobilier fut vendu et dispersé.

 

C’est la que commença « le Grand Voyage ».

18.04.2007

VIES ET MOEURS D'UNE CHAISE-CLUB ROUGE

Le rouge orangé de son simili cuir se fendille peu à peu et de légères crevasses trahissent son âge avancé.

Bien qu’elle soit toujours bien calée dans ses pieds, chacun d’entre eux devient susceptible et ne supporte pas d’insistantes sollicitations.

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HYPOTHESE -A-

 

 

Il fallait emprunter l’allée pavée pour sonner à la porte de Monsieur le curé.

La cure, derrière l’église offrait un visage sage et bien rangée.

Mademoiselle Arlette veillait sur le jardinet avec une insistance entêtée.

On la voyait toujours, le sécateur à la main, occupée à son jardin comme accrochée à une ile déserte.

« Ah, moi, mon dehors vous savez, c’est une chose qu’il ne faudrait pas qu’on m’enlève… »

D’ailleurs, était-ce la crainte des représailles ou l’inquiétude de la non performance, aucun des habitants de Paussac ne songeait à revendiquer l’usage ou le maintient  en ordre du dit jardinet…

Vers 10h, Arlette tirait les rideaux de l’unique fenêtre de la cuisine.

Monsieur le curé revenait de ses occupations pastorales et s’asseyait en poussant un soupir de contentement.

C’était l’heure de son « p’tit café » que Mademoiselle Arlette dans ces habitudes immuables ne manquait jamais de lui préparer.

Sucré d’un demi morceau, tourné, délicatement posé sur un petit plateau de zinc sans âge, il dégageait une odeur délicate qu’accompagné volontiers la fleur d’oranger de quelques galettes préparées avec … amour...

Quelques soit la saison, Monsieur le curé, Pierre de Billanda, prenait son café dans la cuisine.

Sa chaise-club rouge jurait bien un peu au milieu de cette cuisine polie et respectueuse, mais pour rien au monde, il n’aurait eut idée de s’asseoir ailleurs.

Le moelleux du siège à ressort, le léger couinement qui précédait son soupir de contentement faisait un tout, comme une communion, une préparation à la célébration,… 

Arlette, debout derrière lui, se tenait fixement, se préparant à l’office. 

Tous les matins, Pierre attrapait sa cuillère à café et tournait à nouveau le breuvage, par tradition cultuelle, il donnait la mesure.

Les mains d’Arlette se posaient alors sur ses épaules.

La cuillère tintait, secouée contre la tasse de la goutte imaginaire dont il fallait la débarrasser.

Les mains de la femme attaquaient alors leur danse, pétrissant les trapèzes de l’homme arasé… 

Il portait alors la tasse à ses lèvres, dégustant la noire préparation, les yeux mi clos, pénétrant alors le monde des sens… 

Du dehors, les rideaux tirés ne laissaient rien paraitre, tout au plus on pouvait entendre parfois comme des couinements de ressorts…

La chaise-club rouge, ne garda de cette époque qu’une usure de ressort et d’indiscrets souvenirs.

 

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medium_IMG_0125.JPG HYPOTHESE -B-

 

 

 

 

 

Ce qu’Emeline aimait le plus, c’était ces moments qu’elle arrivait à lui dérober.

 

Elle travaillait tous les soirs et de son bureau à l’étage, a travers une des rainures du plancher de bois, elle pouvait apercevoir le ballet de Laurence et de la Chaise-Club rouge.

 

La salle de bains en dessous du bureau s’articulait, dans ses couleurs et son agencement, autour de la Chaise qu’elles possédaient depuis leur « commencements »…

 

Elle les avait suivies partout, avant de trouver enfin sa place dans la salle de bain de leur nouvelle maison.

 

Et tous les soirs, quand Laurence rentrait de son travail, il y avait le moment qu’Emeline attendait toujours…

 

Une fois dans la salle de bains, Laurence commençait par enlever son pull, puis sa jupe ou sa robe, puis, ses bas…

 

Assise sur la chaise, les jambes croisées nonchalamment sur l’un des bras, elle défaisait son chignon.

 

A ce moment, là, celui ou les longs cheveux bruns tombaient en un flot souple et lourd, Emeline entendait toujours le bruit sourd de son cœur frapper dans sa poitrine.

 

L’odeur de Laurence parvenait presque jusqu’à elle, ou alors étais-ce que son imagination olfactive la torturait encore ?

 

Elle aimait la voir ainsi, mate et brune sur le rouge brillant, au travers de cette faille de bois, l’œil fixé sur ses désirs…

 

La Chaise-Club, elle, aimait ses instants de lascivité, de calme mais n’était en rien dupe du manège qui se jouait la haut !!!