01.06.2007
Romaine Brooks
Je vous avez déjà parlé de mon intérêt pour ces femmes qui nous ont précédées d'à peine 100 ans.
Je continue aujourd'hui avec l'une d'entre elles :
ROMAINE BROOKS -Peintre américaine
Née à Rome le 01 mai 1874 - Décédée à Nice le 07 décembre 1970

Née Beatrice Romaine Goddard, surnommée 'la voleuse d'âmes', elle est le troisième enfant d'Henry Goddard et Ella Mary Waterman et nait le 1er mai 1874 tandis que sa mère voyage à Rome.
Nouvelle arrivée dans cette famille riche mais sévèrement dysfonctionnelle de Philadelphie; la mère est narcissique et cruelle, et le père de l'enfant a abandonné la famille peu de temps après sa naissance.
Sa mère la confie à une blanchisseuse aux Etats-Unis tandis qu'elle voyage en Europe avec ses autres enfants, le plus âgé, souffre d'une maladie mentale débilitante et a un comportement destructeur et violent.
Romaine Brooks connaît une enfance difficile …
A 12 ans, elle rejoint le reste de la famille en Europe.
Les années d’adolescence se passent à tenter d'apaiser les besoins de son frère malade et de sa mère instable.
Elle convainc Ella de lui permettre d'étudier près de Paris.
Malgré des moments difficiles financièrement, elle finit par entreprendre des cours de peinture.
Elle voyage à Rome en 1898 prend des cours à La Scuola Nazionale pendant le jour tout en étudiant également chez Circolo Artistico la nuit.
En 1899, elle séjourne à Capri où elle rencontre des artistes expatriées et des auteurs américains et anglais, beaucoup sont homosexuels.
Elle à décrit son premier voyage à Capri comme la période la plus heureuse de sa vie.
Pendant l'année suivante, elle continue à étudier la peinture à l'Académie Colarossi à Paris.
Peu après le tournant du siècle, sa situation financière s’améliore.
Les décès de sa sœur en 1901 ainsi que de sa mère l’année suivante font d’elle l’héritière de la fortune entière de la famille.
Sa nouvelle indépendance financière lui permet une liberté artistique et lui ouvre l’entrée des salons et demeures de l'élite sociale et intellectuelle européenne.
L'artiste s’installe à Londres en 1902 et accepte un mariage de convenance avec John Ellingham Brooks, un pianiste gai sans le sou, mais socialement en vu.
Ils se séparent après trois mois mais Romaine continuera à le soutenir le reste de sa vie. Elle garde son nom d’épouse, qui lui confère un statut social et une respectabilité artistique.
En 1905, elle a trente et un ans et revient vivre à Paris ou elle acquiert un grand studio rive gauche, et étudie avec Gustave Courtois.
1910 - Veste rouge1910 son premier nu féminin est la veste rouge, bientôt suivie des azalées blanches.
1910 - Les Azalées blanchesSa première exposition à lieu du 2 mai au 18 mai 1910 chez le prestigieux Galeriste Durand-Ruel à Paris.
C'est une exposition dans laquelle R.Brooks montre treize portraits et nus qui ravissent entre autre son public lesbien.
Elle reçoit par ailleurs d’excellentes critiques.En 1911 R.Brooks rencontre Ida Rubenstein (1885-1960), une ballerine russe dont elle tombe amoureuse et qui devient le sujet d’un saisissant portrait (Ida Rubinstein 1917) et qui sera son modèle de nu pour « Vénus ». Leur liaison dura 3 ans.
1917-VENUSElle devient une portraitiste renommée et se spécialise dans cet art,
Employant une palette sombre dominée par la couleur grise. Elle ignore les tendances artistiques contemporaines comme le cubisme et le fauvisme pour leur préférer les mouvements symboliste et esthétiste du XIXe siècle, particulièrement des travaux de Whistler.
Assez riche pour ne pas avoir à se soucier de vendre ses toiles, elle se préoccupe peu de l'avis de ses modèles, parfois désemparés par son don pour décrypter leur véritable personnalité.
En 1915, âgée de 41 ans elle rencontre et tombe amoureuse de l'écrivain Natalie Barney, c’est le début d'une longue relation de cinquante ans.

Elles publient ensemble 'The One Who Is Legion', écrit par Barney, et illustré par Brooks.
Son portrait célèbre « Natalie Barney, L'Amazone » (1915) représente l'écrivain dans un vêtement féminin. Un cheval de porcelaine est inclus dans le portrait et se réfère aux qualités de cavalière de Nathalie Barney.
1920-NATHALIE BARNEY CLIFFORD-L'AMAZONERomaine fait le portrait des lesbiennes qui fréquentent le salon de sa compagne, mais elle est écœurée par l'atmosphère qui règne dans les lieux mondains. Contrairement à nombre de ses contemporains, Romaine Brooks ne s'essaie pas à l'art abstrait et se cantonne à la représentation, fascinée par le rôle des apparences dans les cercles féminins en Europe.
1924-Una, Lady TROUBRIDGE

1924-La Baronne Emile D'ERLANGER
Elle reçoit La Légion d'Honneur en 1920.

Brooks et Barney ont fait construire une maison près de Beauvallon, La Villa "Trait d'Union" : deux bâtiments séparés et un salon commun, à l'image de leur relation.
Elles sont très proches intellectuellement et émotionnellement, mais Barney a de multiples aventures.
La carrière de R.Brooks atteint son zénith en 1925 avec trois expositions de son travail.
La première à Paris chez Jean Charpentier de mars par avril.
Puis l'exposition voyage à la galerie du club de R.B, L'Alpine à Londres en juin, puis en Décembre a la galerie Wildenstein à New York.
Durant cette période, Romaine peint peu mais créé deux illustrations pour le livre de N.Barney qui est publié en édition limitée de 450 copies à Londres en 1930.
Pendant le même temps, l'artiste a commencé un manuscrit autobiographique qui ne sera jamais édité.
Une série de ses œuvres est exposée au club d'arts de Chicago en janvier 1935 Romaine voyage en Amérique pour l'exposition et en 1936 elle loue un studio dans Carnegie Hall, à New York.
Elle y peindra un portrait du romancier et du photographe bisexuels, Karl Van Vechten (1880-1964). Un portrait de l'hôtesse, du conférencier, et de l'auteur Muriel Draper dans les deux ans qui suivent.
En 1939, pendant que la deuxième guerre mondiale commence en Europe, Romaine revient en France vivre avec Nathalie à la villa Beauvallon.
Quand leur maison brûle en 1940, R.Brooks se retire en Italie, où elle a acheté la villa Sant’ Agnès en dehors de Florence.
Elle écrit d’autre mémoire non publié au sujet de ces années «sur les collines de Florence pendant la guerre »
Après la deuxième guerre mondiale, elle se retire définitivement de la vie publique. Elle ne peint plus et vit isolée.
Elle a acheté une villa plus petite « Gaia », où elle reste jusqu'en 1967. Étonnamment, à 87 ans elle peint un portrait d'Umberto Strozzi (1961), un descendant de la famille célèbre de la Renaissance.

En 1967, elle prend un appartement à Nice.
Natalie Barney admet qu'elle a une relation avec une autre femme depuis sept ans. Cette confession dévaste Romaine, elle ne fait plus face à la souffrance et à la jalousie et met fin à presque 50 années de relation.
Elle sombre dans l’isolement et l’excentricité avant de mourir à l'âge de quatre-vingt-seize ans le 7 décembre 1970 à Nice.
Natalie mourra deux ans plus tard à Paris, ayant également atteint l'âge de quatre-vingt-seize.
En 1971 une exposition rétrospective « Romaine Brooks, la voleuse d’âmes » à lieu au musée national de l'art américain.
Elle avait donné sa collection et ses papiers privés au musée avant sa mort.
La même exposition a voyagé encore en 1980 sous le titre « Romaine Brooks, 1874-1970 ».
Différents travaux de Romaine Brooks ont été également inclus dans de nombreuses expositions féministes dans les années 80.
Les portraits que Romaine Brooks réalisait n'étaient pas toujours du goût de ses modèles. Une anecdote célèbre raconte qu'une dame de la haute société se plaignit, disant au peintre 'Vous ne m'avez pas embellie', ce à quoi Brooks répondit 'Non, mais je vous ai ennoblie'.
Article réalisé à partir de différents sîtes internet (Wikipédia, sîtes anglais etc...)
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29.03.2007
TAMARA DE LEMPICKA
En regardant un documentaire il y a quelques années, j'ai découvert un tableau qui m'a subjuguée, moi qui n'étais que peu attirée par la peinture.
Il s'agissait du portrait de Suzy solidor
Je me souviens n'avoir retenu que le nom du peintre : LEMPICKA.
La suite je l'ai découverte dans un livre de la bibliothèque où j'étais allée chercher de l'info.
A l'époque internet n'étais pas encore ce qu'il est aujourd'hui !!!
Si comme moi vous ne connaissiez pas ce peintre, la suite pourra vous interesser ...
« Je veux qu'au milieu de cent autres, on remarque une de mes œuvres au premier coup d'œil »
T. de Lempicka
Tamara de Lempicka
Tamara de Lempicka, née Gorska le 16 mai 1898, à Varsovie, en Pologne et décédée le 18 mars 1980 à Cuernavaca, au Mexique, est la peintre la plus célèbre de la période et du style « Art Déco ».
Fille d'un avocat, elle évolue dans un milieu plus qu'aisé entre Saint-Pétersbourg et les grandes villes d'eaux européennes. En 1914 elle s'installe à Saint-Pétersbourg pour apprendre la peinture. Elle s'éprend de Tadeusz Lempicki, un jeune avocat russe qu'elle épouse en 1916.
La Révolution d'octobre bouleverse sa vie et, après un séjour à Copenhague, elle gagne Paris.
Son mari supporte mal le nouveau style de vie que lui impose la perte de sa fortune et refuse de travailler. Le couple bat de l'aile.
Contre toutes les conventions, Tamara décide d'entamer une carrière de peintre. En 1920, à l'Académie de la Grande Chaumière, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et d'André Lhote.
Autant passionnée par le cubisme que par la peinture d'Ingres ou encore par celle de Pontormo dont elle part copier les œuvres en Italie, Tamara affirme un style original, tout à la fois décoratif, élégant et sculptural, dès 1922.
À cette date, elle présente un portrait au salon d'Automne.
Le succès ne tarde pas et l'artiste immortalise la bohème parisienne de son temps : André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc…
Elle fréquente Paul Poiret ou encore Georges Braque.
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Les peintures de Tamara de Lempicka frisent régulièrement le scandale : ses personnages féminins sont souvent garçonnes et ses ambiances parfois équivoques.
Thadeusz de Lempicki demande le divorce.
Il est, dit-on, las des frasques amoureuses de son épouse qui prend amants et amantes. Tamara terminera son portrait, symbole de la rupture, laissant inachevée la main portant l’alliance. Un baron remplace un comte : Tamara épouse Raoul Kuffner de Dioszegh, descendant d’une riche famille hongroise anoblie par l’empereur d’Autriche François-Joseph. Il lui avait commandé le portrait de sa maîtresse, la danseuse Nana de Herrera (dont la silhouette a été reprise sur les paquets de cigarettes Gitane). Il « deviendra son meilleur client » avant de devenir son mari, aimait à souligner Tamara.
Elle puise ses modèles dans le monde de l'aristocratie et de la bourgeoisie. De la duchesse de La Salle à la chanteuse de cabaret Suzy Solidor, elle réalise les portraits de toutes ces femmes de la haute société qui marquent leur époque par leur engagement et leur vie plus ou moins sulfureuse.
L'esthétique est en tout cas au cœur de ses œuvres et les critères de beauté sont souvent récurrents : cheveux blond et bouclés et un regard très langoureux. Ce sont pour la plupart des portraits hautains à la sensualité distante. Cette société qui la fascine l'amène à en devenir l'icône idéal.
A travers ses œuvres, c'est un peu d'elle-même qu'elle met en valeur. Sa vie est une mise en scène constante dans laquelle Tamara, la femme, ne se dissocie nullement de Tamara, l'artiste.
Fuyant la Seconde Guerre mondiale, elle gagne l'Amérique et s'installe à Berverly Hills, en Californie (États-Unis).
Après-guerre, son œuvre typique sombre dans l'oubli jusqu'à ce que la mode "Art Déco", dans les années 1970, ne fasse ressurgir son nom. Après le décès de son second époux, en 1962, Tamara se remet à peindre, utilisant le couteau plutôt que le pinceau. Mais l'accueil mitigé du public met très rapidement fin à cette seconde période de son œuvre.
En 1978, elle s'installe au Mexique, à Cuernavaca, ou elle décède durant son sommeil le 19 mars 1980. À sa demande, ses cendres sont dispersées sur le volcan Popocatepetl.
Tamara de Lempicka n'est sans doute pas une artiste majeure du XXe siècle : sa production pléthorique et par trop homogène manque de chefs d'œuvre, elle aura avant tout marqué l'histoire de la peinture par un style reconnaissable entre tous, charmant, un peu lisse et totalement en phase avec les « Années folles » de l'entre-deux-guerres qui se sont plues, par elle, à se regarder vivre.
Article réalisé a partir de diverses sources Web
07:35 Publié dans EPOQUE 1900 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Tamara de LEMPICKA
11.01.2007
NATHALIE BARNEY CLIFFORD
Elle écrivit des poésies, des mémoires et des épigrammes, mais croyait que c'était sa vie qui était sa véritable œuvre d'art.
Ouvertement lesbienne, elle travailla à faire revivre une histoire littéraire des femmes. Particulièrement intéressée par les poésies de Sappho elle essaya de recréer une école de femmes poètes comme celle que Sapho avait tenue à Mytilène.
On la connaît également pour ses nombreuses conquêtes amoureuses, y compris la poétesse Renée Vivien, la danseuse Liane de Pougy et la femme peintre Romaine Brooks. Par son indépendance d'esprit, sa liberté de mœurs, alliée à un charme exceptionnel, beaucoup d'esprit et d'intelligence, Nathalie Barney a joué un rôle important dans le Paris de la Belle Époque.
Pendant plus de soixante ans, son salon littéraire de la rue Jacob a accueilli les écrivains et artistes qui ont compté des deux côtés de l'Atlantique.
Nathalie naquit en 1876 et était l'aînée de deux filles. Quand elle eut dix ans, sa famille quitta l'Ohio pour Washington, D.C, passant les étés à Bar Harbor dans le Maine.
C'est une préceptrice qui éveilla son intérêt pour la langue française grâce par des histoires de Jules Verne qu'elle lui lisait à haute voix, de sorte qu'elle du apprendre rapidement afin de les comprendre. Par la suite elle et sa sœur Laura s'installèrent très jeunes à Paris avec leur mère et le peintre Alice Pike Barney, élève de James McNeil Whistler ; elles furent alors envoyées à l'École des Ruches, prestigieux internat français fondé par la féministe Marie Souvestre. Devenue adulte, elle parlait couramment et sans accent ; elle s'installa à Paris, et presque tous ses travaux publiés furent écrits en français.
Elle aima les chevaux dès son plus jeune âge. Au début des années 20 elle fit la manchette des journaux en galopant à travers Bar Harbor tout en menant un deuxième cheval à la bride devant elle, et en montant à califourchon au lieu d'être sagement en amazone. Curieusement, après l'avoir vue en tenue équestre, le poète français Rémy de Gourmont s'adressa à elle en l'appelant l'Amazone, surnom qu'elle devait garder sa toute sa vie.
À l'âge de 12 ans elle se rendit compte qu'elle aimait les femmes et elle résolut alors de « vivre au grand jour, sans cacher quoi que ce fût. » En 1899, après avoir vu la courtisane Liane de Pougy à un spectacle de danse à Paris, elle se présenta chez elle dans un costume de page en annonçant qu'elle était un « page de l'amour » envoyé par Sappho.
Elle lui laisse un bouquet de lys noirs accompagné d’un mot :
« D’une inconnue qui aimerait ne plus l’être pour vous… »
Bien que Pougy fût une des femmes les plus célèbres de France, à qui les hommes les plus riches et les plus titrés faisaient la cour, elle fut charmée par la témérité de Barney.
Le lendemain, au bois dans son équipage, Liane arbore un des Lys noirs à sa robe.
Elle conçoit alors une passion très vive pour la jeune américaine, qu'elle surnomme « moonbeam » en raison de la couleur argentée de ses cheveux.
Durant une saison, les deux femmes vivent un amour passionné mais Nathalie, ne tarde pas à tromper Liane de Pougy, tant avec plusieurs des modèles féminins de sa mère qu'avec la poétesse Renée Vivien.
Nathalie et Renée au temps de leur liaison
Elle évoque ces amours dans un recueil de poèmes illustré de dessins de sa mère et publié à compte d'auteur en 1900, Quelques portraits, sonnets de femmes, tandis que Liane de Pougy raconte son expérience dans un roman transparent, Idylle saphique.
Édité en 1901, le livre devint le sujet de conversation du Tout-paris et il fallut le réimprimer 70 fois dans la première année. À ce moment-là, cependant, les deux amantes avaient déjà rompu après s'être disputées à plusieurs reprises, parce que Barney voulait « sauver » Pougy de son existence de courtisane.
Le grand succès du livre est aussi un succès de scandale et Nathalie Barney est aussitôt renvoyée aux États-Unis, où son père fait brûler tous les exemplaires de son recueil de poèmes qu'il peut trouver et cherche à la marier. Mais la jeune fille fait savoir qu'elle n'acceptera qu'un seul parti : lord Alfred Douglas, l'ancien amant d'Oscar Wilde. Devant son entêtement, son père doit se résoudre à la laisser retourner à Paris où elle collectionne les aventures : Renée Vivien, Eva Palmer, Lucie Delarue-Mardrus, la poétesse anglaise Olive Custance (qui deviendra lady Douglas), Colette, la cantatrice Emma Calvé, l'actrice Henriette Roggers...
En 1902, à la mort de son père, elle hérite d'une grosse fortune.
Elle s’installe à Paris qu'elle considère alors comme "la seule ville où on peut vivre et s'exprimer comme on veut". La "jeune fille de la société future » de Pierre Louÿs précède de peu une importante communauté de femmes venues d'ailleurs qui, grâce à des rôles artistiques et mondains qu'elles assument avec brio, vont permettre à la rive gauche d'atteindre, dans les années vingt, l'apogée de sa légendaire renommée.
Elle loue une maison à Neuilly-sur-Seine où elle donne des fêtes païennes qui défraient la chronique et où se retrouvent la plupart de ses conquêtes – à l'exception de Renée Vivien, dégoûtée par ce qu'elle juge des orgies – mais aussi Pierre Louÿs, Isadora Duncan et son frère Raymond, Mata Hari...
Elle s'installe en 1909 dans un pavillon situé n° 20 rue Jacob, dont on dit qu'il aurait été construit par le maréchal de Saxe pour sa maîtresse, l'actrice Adrienne Lecouvreur. Cette maison sera, pendant près de soixante ans, le cadre de ses célèbres « vendredis », un des derniers salons littéraires influents. On y verra régulièrement Auguste Rodin, Rainer Maria Rilke, Colette, James Joyce, Paul Valéry, Pierre Loüys, Anatole France, Robert de Montesquiou, Edna St. Vincent Millay, Gertrude Stein, Alice B. Toklas, Somerset Maugham, T. S. Eliot, Ford Madox Ford, Isadora Duncan, Ezra Pound, Virgil Thomson, Jean Cocteau, Max Jacob, André Gide, William Carlos Williams, Djuna Barnes, George Antheil, Janet Flanner, Nancy Cunard, Peggy Guggenheim, Mina Loy, Caresse and Harry Crosby, Marie Laurencin, Oscar Milosz, Paul Claudel, Adrienne Monnier, Sylvia Beach, Scott and Zelda Fitzgerald, Sinclair Lewis, Emma Calvé, Sherwood Anderson, Hart Crane, Alan Seeger, Mary McCarthy, Truman Capote, Françoise Sagan, Marguerite Yourcenar...
A la fin avril 1909, elle rencontre chez Lucie Delarue-Mardrus Élisabeth de Gramont, à qui elle fait découvrir le saphisme et avec qui elle noue des relations passionnées.
Elisabeth de Gramont duchesse de Clermont-tonnerre
En avril 1910, son recueil d'aphorismes, Éparpillements, assure sa réputation littéraire. Remy de Gourmont, curieux de connaître l'auteur de ce livre, tombe amoureux de Nathalie Barney à qui il adresse des lettres passionnées, qui seront plus tard réunies en volume sous le titre de Lettres à l'Amazone. C'est lui qui donne à Nathalie ce surnom, « l'Amazone », qu'elle adoptera et qui lui restera jusqu'à la fin de sa vie.
Nathalie Barney avait de bonnes manières, un port et une démarche incomparables, une allure triomphante et une chevelure rebelle. Mais elle avait aussi de l'audace et un sens très sûr de son propre plaisir. Libre de corps, elle nous livra quelques délicieuses réflexions sur la mode qu'elle ne suivait que très rarement, comme en témoigne cet aphorisme sur l'apparition des premières femmes maigres et des jupes courtes: "Ces jupes courtes: autant de jambes de femmes qui montrent sans être sollicitées leurs colonnes torses insoupçonnées. Pauvres jambes rencontrées dans les rues, cagneuses, sans rembourrage ni entraînement. Qu'est devenue cette danse, cette cadence: la démarche?"
Elle avait aussi la liberté financière. Lorsqu'en 1905, elle prit un jour, le vendredi, pour tenir salon, elle était, contrairement à la majorité des dames de son époque, la seule femme à pouvoir orchestrer de grandes réceptions de près de deux cent invités, sans mari dans l'entourage. Ainsi pouvaient se côtoyer non seulement des personnages aussi illustres que Colette, André Gide, Louis Aragon et Marguerite Yourcenar, mais également de jeunes écrivains pour qui l'Amazone ne ménageait pas sa peine, détectant le talent, aidant, présentant, traduisant, publiant et propageant les écrits. En fait, elle encourageait, défendait, finançait les oeuvres littéraires et artistiques des autres et s'occupait fort peu des siennes, ne se contentant d'être reconnue et appréciée que par ses pairs. "Pourquoi aurais-je sacrifié ma vie à la gloire? Qu'est-ce que la gloire? Un écho, et rien de plus", disait-elle. Et à qui l'on demandait le secret d'une aussi longue réussite, cette diffuseuse et mécène répondit: " Je n'ai jamais eu de salon. Je n'ai eu que des tête-à-tête".
Écrivaine éperdument libre d'esprit, elle nous fit connaître, par de multiples aphorismes, ses "pensées" à propos de l'isolement des femmes, du pouvoir des hommes et de sa propre façon d'aimer: la vie à trois: "Fidèle dans l'infidélité, c'est auprès d'une aimée que j'apprécie pleinement la valeur de l'autre et auprès de cet autre que j'apprends à regretter celle que je viens de quitter".
Par sa parole androgyne et angéliquement lesbienne, son refus catégorique du quotidien et de la conjugalité, que ne partagèrent pas toujours ses amantes et amies, l'Amazone se créa une réputation de séductrice et de misogyne. Nathalie Barney séduisit en effet un nombre impressionnant d'écrivaines, peintres, poètes, demi-mondaines jusqu'à l'âge de 90 ans. Elle disait: "j'aime trop les commencements pour savoir aimer autre chose"...
La liberté d'aimer de Nathalie Barney ne fut pas sans susciter l'attention des critiques et l'inspiration des gens de lettres de son temps, comme en témoignent la Florence Temple-Bradford de Liane de Pougy, la Lorely, de Renée Vivien, l'Amazone de Remy de Gourmont, la Laurette Wells de Lucie Delarue-Mardrus, la Flossie des "Claudine" de Colette, l'Évangéline Musset de Djuna Barnes et l'épicurienne Valérie Seymour de Radclyffe Hall.
Son charisme et son destin exceptionnel firent d'elle un personnage attachant de la culture lesbienne du vingtième siècle.
Lorsqu'elle décéda à Paris à l'âge de 96 ans, après avoir été la muse de 1900, l'idole des années 1910 et 1920, la mécène célèbre du Paris des années 30, la "Demoiselle" légendaire des années 50, 60 et 70, elle était, après Sappho, la femme qui inspira le plus grand nombre d'ouvrages.
"Elle était l'amie des hommes et l'amant des femmes."
Lucie Delarue-Mardrus
Lucie DELARUE MARDRUS 1906
Entre 1902 et 1905, Lucie Delarue-Mardrus écrivit des poèmes qui retracent sa liaison avec sa muse Nathalie Clifford Barney.
Cette dernière les fit éditer en 1951, de façon anonyme, aux éditions Les Isles à 730 exemplaires dans un recueil intitulé Nos secrètes amours.
Dans "Mes mémoires" (Gallimard, 1938), Lucie Delarue-Mardrus raconte ses premières rencontres avec Renée Vivien et Nathalie Barney.
Extraits :
Un matin, parmi mon courrier (à cette époque peu considérable) je trouvai le volume de vers de Renée Vivien, dont je n'avais jamais entendu parler, volume qui portait une dédicace débordante d'enthousiasme pour mes poèmes.
Après avoir lu ce livre saphique où je trouvais de secrètes correspondances avec les vers que jeune fille, m'avait inspiré Impéria, j'écrivis à Renée Vivien pour la remercier de son envoi.
La lettre qu'elle me répondit manifestait le désir de me connaître. Rendez-vous fut pris, et j'attendis sa visite avec quelque émotion.
Mon mari, toujours heureux de rencontrer des admirateurs de ma poésie, était à mes côtés quand elle entra dans mon cabinet de travail.
Nous vîmes une personne blonde, jeune, aux épaules découragées, aux yeux bruns, habillée sans aucune recherche, très anglaise d'allure. La voix molle, pourtant, ne trahissait aucun accent britannique.
Sa conversation nous sembla banale. Elle nous laissa l'impression d'une jeune fille quelconque de la Grande-Bretagne, - une jeune fille à marier. Cependant une chose en elle ne pouvait s'oublier : ses lourdes et délicates paupières et leurs longs cils noirs. On peut dire que sa personnalité n'apparaissait que lorsqu'elle baissait les yeux.
Peu de temps après sa visite, je reçus d'elle une invitation à dîner chez elle avec son mari.
Dans son grand appartement de l'avenue du Bois, à peine éclairé, de lourdes draperies, il me semble, calfeutraient l'atmosphère, établissant un silence que rien ne troublait presque par son habitante.
Un dîner raffiné nous fut servi. Le plat de résistance y était remplacé par des petits oiseaux rôtis. "Je ne peux pas souffrir la viande..."
A l'entremets, on vit tout à coup sortir d'entre les draperies une étroite et surprenante créature, véritable héroïne de Dante Gabriele Rossetti. Sa médiévale robe de velours, pourpre sombre, serrait de près les lignes, anguleuses d'un corps archaïque. Deux énormes nattes de cheveux rouges entouraient sa tête à la manière de lauriers. Son visage aux yeux bleus était celui d'un primitif italien.
Renée Vivien (ou plutôt Pauline Tarn, de son vrai nom) nous présentât son amie, miss Evelina Palmer, Américaine.
Je n'avais pas assez d'yeux pour regarder cette fille d'un autre temps, belle comme un poème.
Avec un accent bien britannique, mais dans un français très pur, elle nous demanda si nous voulions, le lendemain, venir dans sa loge, au Théâtre (j'oublie lequel), pour voir une pièce (j'oublie laquelle), dont on parlait beaucoup.
Je ne demandais pas mieux, pour ma part. Mon mari s'en rendit compte. Il accepta gentiment tout de suite. Et, l'heure ayant été convenue, un moment après nous prenions congé.
*
* *
C'est dans cette loge que j'ai vu pour la première fois Nathalie Barney, qui fut, reste et restera l'une de mes plus chères amies.
Elle n'avait rien du style impressionnant d'Evelina Palmer. Le teint de pastel, les formes très féminines, les cheveux d'un blond de féerie, l'élégance parisienne de cette Américaine ne laissaient qu'au bout d'un moment se révéler le regard d'acier de ses yeux, qui voient tout et comprennent tout en une seconde. Et, pour mieux accentuer la fausse impression qu'on avait d'abord, elle pouvait, et cela jusqu'à présent lui reste, rougir parfois comme une novice intimidée.
Quelques jours après cette présentation, elle nous pria pour dîner dans son appartement de l'hôtel La Pérouse.
Je la revois, à notre entrée, vêtue de légèretés bleues pâles, jouant du violon en nous attendant.
Les remarques qu'elle fit pendant ce dîner, d'une voix qui ne sortait pas (et qu'elle a toujours gardée ainsi), son sourire mordant, sa fine désinvolture, ses tranquilles et curieux paradoxes révélaient sans attendre qu'on se trouvait devant quelqu'un.
Trois jours plus tard elle était à la Roseraie, toutes séductions en jeu. Je devais la voir y revenir sans cesse, parfois accompagnée de son père, clubman élégant de Washington et descendant d'un Barney héroïque qui combattit en France au XVIIIe siècle.
Cet américain de grande race, dont Nathalie avait pris le profil énergique, ne comprenait rien à son effarante fille, et lui en voulait sévèrement d'avoir été l'héroïne de L'insaisissable, roman fort répandu de Liane de Pougy.
J'ai longuement, dans l'Ange et les Pervers, analysé, décrit, et Nathalie et la vie à laquelle elle m'initia, vie où ce ne fut que beaucoup plus tard que je finis par ne plus jouer que le rôle in sexué de l'ange.
Du reste Nathalie, au bout de peu de temps, était devenue simplement l'amie de coeur, la soeur, le fidèle et pur compagnon dont, depuis plus de trente ans, j'estime si hautement la fierté, la loyauté, la grandeur, nonobstant ses défauts insupportables et ses vices, qui, sans la littérature qu'elle y met, n'existeraient probablement pas.
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* *
Littérature...
Nourrie de poèmes adressés à elle puis à d'autres (poèmes qui ne furent jamais publiés), une existence nouvelle s'annonçait pour moi.
Mon mari me laissait libre de courir à ces expériences. Elles ne lui inspiraient, je l'ai dit, que des haussements d'épaules.
Son jardin l'intéressait beaucoup plus, en dehors de ses heures de travail, que ce qui, loin de notre foyer, faisait battre si sincèrement mon cœur.
J'étais pour lui, suis restée avant tout et peut-être seulement : Le Poète.
Ce parcours que je commençais et pendant lequel les déceptions n'auront pas manqué, c'était, de ma part, un instinct longuement préparé de faire la sensualité rejoindre la poésie ou la poésie rejoindre la sensualité, jonction qui ne sait jamais tout à fait accomplie.
... Car mon plus coupable péché
Est encor de la poésie.
Je n'ai jamais rien écrit de plus véritable sur moi-même que ces deux vers.
Extrait de "Mes mémoires" par Lucie Delarue-Mardrus
Gallimard, 1938, pages 143 à 145
*
* *
ÉPOUSAILLES
Accepte, toi qui m'es la tardive rançon
De mon passé de solitude sanglotée,
Ma nudité d'albâtre et ma tête nattée
Et mes yeux noirs qui ont des regards de garçon.
Tes sens me jugeront rauque, étrange et brutale,
Toi qui as un baiser glissant comme de l'eau
Et des yeux bleus et froids parmi des cheveux pâles
Qui cernent ta beauté d'un éternel halo
Et par certaines nuits nous roulerons ensemble
Sur des lits sans remords ni culpabilité,
Pour joindre à ton désir qui frôle, fuit et tremble,
Mes râles délirants et mon rire emporté.
par Lucie Delarue-Mardrus
Article écrit à partir de divers documents: sources Web
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06.11.2006
LIANE DE POUGY
Liane de Pougy est née à La Flèche, dans la Sarthe en 1869.
D'un père officier et d'une mère de bonne noblesse terrienne, Anne-Marie Chassaigne reçut une éducation religieuse au couvent de Sainte-Anne-d'Auray dans le Morbihan et fut mariée à seize ans à un homme brutal, le lieutenant de vaisseau Henri Pourpre, dont les coups lui laissèrent des cicatrices qu'elle conserva toute sa vie.
Selon certaines sources, il alla même jusqu'à tirer sur elle avec son pistolet.
Elle lui donna un fils, le pilote Marc Pourpre, qui tomba pendant la Première Guerre Mondiale en 1916.
Après deux ans de mauvais traitements, elle s'enfuit pour Paris où elle arriva à dix-huit ans et divorça, au scandale de sa famille.
Elle rencontra l'auteur dramatique Henri Meilhac qui tomba sous le charme et la lança dans le monde du théâtre en la faisant engager aux Folies Bergère.
Elle prit des leçons de danse sous la direction de Mariquita et, sous le pseudonyme de Liane de Pougy, elle entreprit une carrière de danseuse de cabaret et se lança dans la courtisanerie.
Ouvertement bisexuelle, elle eut des amants et des amantes qui la couvrirent de bijoux et lui offrirent des équipages et
tout ce qui était nécessaire à la vie d'une courtisane d'alors.
Sa rivalité avec la Belle Otero contribua à la célébrité de l'une comme de l'autre.
' Un soir, La belle Otero, pour éclipser Liane de Pougy, la rivale qu'elle jalousait, décida d'apparaître au théâtre dans un boléro constellé de diamants.
Mais cette dernière, avertie de l'exhibit
ion qui se préparait, arriva, les bras, le cou, les épaules et les mains absolument nus.
Quand elle fut dans sa loge, qui faisait face à celle de Caroline Otero, on put voir qu'elle était suivie de sa femme de chambre qui, elle, était parée de tous ses bijoux.' (André de Fouquières).’
En cette fin de 19e siècle, aristocrates et hommes d'affaires se ruinent pour passer une soirée avec Liane.
La rencontre avec une jeune américaine, Natalie Barney , fraîchement débarquée à Paris, va être à l'origine d'une passion amoureuse bouleversante pour les deux jeunes femmes. Ferveur, sensualité, complicité mais aussi jalousie, manque... Autant de sentiments qui vont donner à cet amour une intensité extrême.
Leur liaison défraya la chronique, mais Natalie n'était pas faite pour un engagement durable et elle ne tarda pas à tromper son amante.
Lorsque Liane de Pougy publie « Idylle saphique » en 1901, la littérature française s'enrichit d'une passion amoureuse peu commune puisque le couple amoureux est un couple de femmes et que l'amour entre Flosse et Annhine a été bel et bien vécu par l'auteur.
Ce roman est le récit d'une véritable passion amoureuse ainsi que le brillant témoignage d'une époque foisonnante.
Peut-être est-ce pour mieux tourner la page que Liane de Pougy a transposé par écrit la beauté de cette relation fulgurante.
Elle fut célèbre non seulement en France, mais dans le monde entier, par sa beauté, son élégance, son intelligence. Amie de nombreux artistes, écrivains, musicien comme Raynaldo Hahn, Colette, Cocteau, max jacob, le couturier Poiret, etc... Elle exerça sur eux une influence réelle.
En 1910, alors au sommet de sa carrière, Liane de Pougy rencontra le prince Georges Ghika, d'origine roumaine, très noble mais fort désargenté, qui l'épousa.
Le mariage fut parfaitement heureux durant seize ans, jusqu'à ce que Georges quitte sa femme âgée de 57 ans pour une autre plus jeune. Pour se consoler, la princesse prit plusieurs amantes. Le prince finit par lui revenir, mais leur relation était devenue difficile et chaotique.
Après sa mort, vers 1945, la princesse entra comme novice dans le Tiers Ordre de Saint Dominique et travailla dans un orphelinat pour enfants handicapés, l'Asile Saint Agnès en Savoie. Elle se repentit et abjura sa vie dissolue. Elle finit sa vie dans la prière à Lausanne, Suisse, en 1950.
« Elle est morte à quatre-vingt-deux ans, gardant sur son visage et dans son regard admirable les signes encore visibles de sa beauté passée. Elle avait souhaité mourir un soir de Noël ; la divine Providence a exaucé ce vœu. Elle avait désiré que nul ne suive le cercueil de celle qui n'entendait plus être que Anne Marie-Madeleine de la Pénitence. Cette dépouille terrestre tant vantée, tant aimée, s'en alla solitaire. Liane de Pougy était bien morte. » (André de Feuquières)
Source: Wikipedia , sites et recherches personnelles
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18.10.2006
100 ANS DEJA !!!
Quand j'ai découvert mon homosexualité, j'ai cherché et je me suis tourné vers les livres.
A l'époque point d'internet, pacs et autres médiatisations qui pouvait m'apporter d'infos.
Le seul souvenir me venait de l'école où il me semblait avoir compris que l'écrivain Colette traînait derrière elle une sulfureuse réputation.
Mon nez ne m'en disant guère plus, j'ai commencé subrepticement à lire son oeuvre.
C'était plein d'animaux et de belles phrases, mais il fallut attendre de "tomber" sur 'le pur et l'impur' pour enfin trouver quelque chose à se mettre sous la dent.
Ceci dit il ne fallait guère en demander, si en effet il s'agissait bien de deux femmes, la description et le contenu n'était guère érotique !
Je me suis donc rabattue après l'oeuvre de Colette sur ses biographies et là, j'ai été servie, il y avait les notices de fin et tout un monde de références qui m'ont permis de lire et de rencontrer ces femmes de la belle époque.
Toutefois, ce qui m'a le plus marqué, est qu'à ce moment là, beaucoup de femmes ont vécu au grand jour leurs préférences.
Certaines m'ont carrément impressionnée par leur publications ou leurs prises position.
Par exemple
VITA SACKVILLE WEST écrit il y a presque 100 ans:
"Parce que j'ai la conviction qu'avec le temps, au cours des siècles, comme les sexes se confondront plus ou moins en raison de leur ressemblance croissante, de telles liaisons cesseront dans une très large mesure d'être considérées comme simplement anormales."
J'ai envie de vous en présenter quelques unes:
COLETTE
LIANE DE POUGY
NATHALIE BARNEY CLIFFORD
RENEE VIVIEN
ROMAINE BROOKS
VITA SACKVILLE WEST
VIRGINIA WOLF
ETC
Juste pour voir si le monde a tellement changé en 100 ans.
11:50 Publié dans EPOQUE 1900 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
MISSY, MARQUISE DE MORNY
Mathilde de Morny Marquise Godart de Belbeuf
Mathilde de Morny a scandalisé et fasciné la "Belle Epoque".
Plus connue sous le nom de Missy, elle était fille d’aristocrates de sang royal, puisqu’elle était le quatrième et dernier enfant du duc Auguste de Morny, frère utérin de Napoléon III, et de son épouse la princesse Troubetskoï née en 1838 et fille de Nicolas 1er..
Elle était donc par la main gauche arrière-petite-fille de Talleyrand et petite-fille de la reine Hortense, mère légitime de Napoléon III et officieuse de Morny.
Elle fut élevée par le duc de Sesto, grand d'Espagne, second mari de sa mère, tuteur d'Alphonse XII et gouverneur de Madrid.
Mariée en 1881 à dix-huit ans à Raoul Pierre Joseph Jacques Godart de Belbeuf, Sixième Marquis de Belbeuf (1850 – 1906), avec lequel se termine la longue lignée mâle de ce nom, elle divorça de son mari sans avoir eu d’enfants en 1903, affichant ses préférences pour les femmes.
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Surnommée «l'oncle Max» elle portait avec tumulte le nom de Mathilde Godart de Belbeuf dans les cénacles littéraires et les soirées mondaines de la Belle Epoque.
Sa conduite extravagante en fit une célébrité parisienne, les adolescentes imitaient ses tenues et, sur les boulevards, on buvait une « marquise », cocktail qu'elle avait lancé.
Radicale, elle refusa le mariage arrangé, la maternité et adopta des vêtements masculins à partir de 1900 jusqu'à sa mort, se faisant appeler "Monsieur le Marquis ».
Habillée en homme, fumant le cigare, sa fortune lui permit d'entretenir entre autres Liane de Pougy, la courtisane la plus chère d'Europe, ainsi que l’écrivain Colette.
Colette, avec qui elle s’affichera librement, lui avait donné le surnom de Missy,
Leur liaison durera de 1906 à 1911.
Elle l'a immortalisée au masculin dans ‘Max’ de La Vagabonde et au féminin dans ‘la chevalière’ du Pur et l'Impur.
En 1910 Missy lui offrira la propriété de Rozven -Rose des Vents-, à Saint-Coulomb
En 1907 elle s'exhibe avec celle-ci sur la scène du Moulin-Rouge, dans « rêve d’Egypte », une pantomime de Mathilde de Morny.
Elles s’embrassent sur scène, et font scandale, déchaînant une tempête.
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Choqués par la présence des armoiries de Morny sur l’affiche de « Rêve d’Egypte », le Duc de Morny et ses « amis » du jockey club, présents dans la salle font interdire la revue par le préfet Lépine.
Elle avait toujours autour d'elle une cour de jeunes artistes, dont Jean de Tinan, Laurent Tailhade, mais s'attacha à Sacha Guitry qui, seul, comprenait cet être hors normes.
Leur amitié dura quarante ans.
Mathilde de Morny, amante de Colette, affirmait : « Naître, c'est acquérir le privilège du plein développement de soi-même ». Elle était transsexuelle et subit l'ablation de l'utérus et des seins.
Le Crotoy villa Belle plage été 1907 Colette, Missy, et leur amies
Sacha Guitry seul ami fidèle organisera ses funérailles.
11:05 Publié dans EPOQUE 1900 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.10.2006
ETUDES ET PRELUDES, RENEE VIVIEN 1901
Ta voix est un savant poéme...
Charme fragile de l'esprit,
Desespoir de l'âme, je t'aime
Comme une douleur qu'on cheri.
Dans ta grâce longue et blèmie,
Tu reviens du fond de jadis...
O ma blanche et lointaine amie,
Je t'adore comme les lys !
On dit qu'un souvenir s'émousse,
Mais comment oublier jamais
Que ta voix se faisait trés douce
pour me dire que tu m'aimais?
Extrait d'Etudes et préludes de Renée Vivien publication année 1901
12:30 Publié dans EPOQUE 1900 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

