19.09.2008
AU CHAT QUI LOUCHE - 3
Quelques instants plus tard, elles arrivèrent dans les rues de Villambre.
Le bourg actuel s'était étendu au pied de la vieille ville, l'enserrant de ses rues passantes et de ses maisons particulières.
Mais le coeur de la vieille ville battait toujours.
Les artisans et certains commerçants s'y étaient réinstallés depuis quelques années.
Les appartements commençaient à être convoité par une certaine population dont la communauté féminine représentait il est vrai une bonne partie.
Autant le bourg comptait de maisons seules avec leurs jardinets, autant la vieille ville serrait autour de ses ruelles de vieux immeubles à deux étages.
Leurs portes basses et voûtées leur faisaient office de bouches étonnées, et leurs fenêtres aux petits rideaux de dentelles semblaient voiler leur regards de cils gracieux.
Certaines rues attiraient tant les curieux en période estivale qu'il devenait difficile d'y circuler.
Dans les alentours on s'étonnait toujours de la situation de Villambre, installée sur une butte venue d'on ne sait où dans cette région où les vallonnement n'étaient guère de mise.
Greg rangeât sa voiture sur une des placettes qui ponctuaient la vieille ville d'espace de respiration.
Certains habitants tentaient de les convertir en jardinets cossus, luttant avec acharnement contre les vents qui débouchaient avec violence de toutes les ruelles adjacentes.
Muriel descendit la première et Greg sourit intérieurement de son impatience.
Elles se dirigèrent à pas lents vers le fond de la place, se faufilant dans les ruelles avec une habitude de lieu déconcertante.
Elles gagnèrent ainsi la rue Martinet qui montait en pente douce jusqu'à la hauteur d'une porte cochère.
Au dessus de celle ci une enseigne en fer forgée oscillait.
Narguant le passant d’un regard étrange, l’animal de fer était assis sur l’inscription « Au Chat qui louche »
Greg ouvrit la porte devant Muriel .
Il y avait là quelques femmes attablées devant un verre et Muriel se dirigeât directement vers une des tables.
Greg vit Sophie et Marion leur faire signe.
Elles s'embrassèrent et s'assirent .
-'Alors, comment allez vous ?'
-' Eh bien ma fois, tu nous trouves en pleine forme, devant un petit verre qui réchauffe, le soleil est bien trop rare par ici, ' lui répondit Sophie.
-' Je vois que tu as toujours besoin d'excuses et que tu ne nous à pas attendues pour trinquer avec nous.' intervint Muriel.
Greg sentit une présence derrière son dos et une main se posa sur son épaule.
-' Bonsoir mesdames' dit la voix sans ôter sa main.
Greg leva les yeux et croisa le regard de Sarah qui leur souriait.
Elle se pencha vers elle, l'embrassa puis s'approcha de Muriel qu'elle embrassa à son tour avant de serrer la main de Sophie et Marion.
Elle s'éloigna.
Mais Greg sentait sur elle le regard de Sarah.
Elle se retourna innocemment dans la direction du bar et tout en regardant ailleurs elle s'aperçut que cette dernière riait avec une personne accoudée au comptoir en regardant de temps à autre dans leur direction.
Greg se leva.
-'Excusez moi, je reviens.'
Mais elles étaient toutes les trois plongées dans leur discussion et ne prêtèrent pas cas.
Greg se dirigeât vers les sanitaires et y entra.
De là elle voyait très bien le visage de la femme prés du bar.
Greg s'avança finalement vers le bar et s'assit sur un des tabourets.
Elles arrêtèrent leur discussion et Sarah se tourna vers elle:
-'Tu abandonnes tes invités?'
-'Ta question m'étonne, pour quelle raison les abandonnerais-je? Tu sembles être au courant de motifs qui devrait me pousser à le faire...’
-'Non, ne le prend pas mal, on discute c'est tout, tu sais bien qu'en fréquentant des personnes comme...'
Greg l'interrompit.
-'Je suis surprise que tu tiennes de tels propos Sarah je t'ai connue moins sectaire par le passé, mais tu sembles avoir des raisons qui te pousse à le devenir aujourd'hui' dit-elle en jetant un regard vers fille blonde .
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07.12.2007
AU CHAT QUI LOUCHE -2-
Le feu crépitait dans la cheminée, quelques bûches venaient d'y être ajoutées et Greg les bousculait un peu avec un tisonnier.
Il n’était pas trop tard; un de ces soirs ou rentrée en fin de matinée de Lernes, elle avait passé l’après-midi en forêt .
Sur la chaise sa veste épaisse était posée ou plutôt jetée, d'ailleurs quand Muriel rentrerait, elle irait la placer, par habitude.
Comme chaque soir Greg était installée, les jambes croisées devant le feu, bien au chaud dans son fauteuil crapaud.
Elle regarda négligemment l'heure à sa montre.
On sentait dans son geste une tension de la main, comme une impatience dissimulée .
Elle repensa à l'après-midi écoulé, au temps qui passait et à cette maison où elle avait passé son enfance.
Après une journée comme celle là, Greg n'avait plus qu'une envie, serrer Muriel dans ses bras et lui murmurer toutes ces choses, toutes ces douceurs.
Etranges sensations.
Dans des moments comme celui là, Muriel lui était essentielle.
A d'autres, la question de savoir si ce qu'elle éprouvait pour elle n’était pas qu’un sentiment de sécurité la torturait.
Il lui venait parfois des envies de départ, de fuite et d'abandon, mais elle savait bien qu'elle n'oserait jamais abandonner tout le bien être de sa petite vie rangée.
Sa cigarette se consumait au bout de ses doigts...
Un bruit de graviers monta de l'allée;
Par la fenêtre, Greg l'aperçut en train de fermer sa portières et de se diriger en courant vers la porte d'entrée.
Il y eut des pas pressés sur l'escalier de pierre et elle apparut dans l'embrasure de la porte d'entrée.
-"Ho quel froid ! Je suis complètement gelée" dit Muriel .
Elle s'approcha jusqu'au feu pour y prendre un peu de chaleur.
Malgré le temps qui passait, Greg ne cessait de se sentir attendrie par ce petit bout de femme .
Elle s'approcha d'elle, la pris dans ses bras et la berça en regardant le foyer.
- "Ta journée s'est bien passée ?"
- "Oui mais ... , je suis claquée" dit-elle en se débarrassant de son sac.
- "Bon et bien tant pis alors"
- "Tant pis quoi ?"
- "J’avais envie de sortir faire un tour ce soir "
- "Oui , pourquoi pas, mais laisse moi le temps de souffler un peu et de prendre un bain"
Muriel leva la tête vers Greg et l'embrassa .
Ce que Greg aimait plus que tout chez elle c'était cette manière qu'avait Muriel de s'abandonner; cette sensualité qui se dégageait d'elle à certains moments.
-"Ok, prends ton temps, je vais faire un tour à la chaufferie"
Dehors, il commençait à faire froid .
Elle passa monter la chaudière car les nuits étaient de plus en plus fraîches.
Le vent bruissait dans le arbres du parc et la nuit étoilée laissait présager du beau temps pour le lendemain.
Mais une force l'attirait, elle pensait à Muriel qui devait s'apprêter à prendre son bain.
C'était agréable de penser a son corps, d'être à distance, en bas, et pourtant tout prés d'elle .
Elle monta vers l'entrée, s'y arrêtât et repartit pourtant aussi vite...
Sa veste n'était plus sur la chaise , il n'y avait plus personne dans la salle à manger.
Elle entendit un air de jazz et gravit l'escalier de bois.
La chambre était éclairée par une lumière feutrée et une lueur filtrait sous la porte de la salle de bains.
Son coeur battait .
Elle ouvrit la porte et s'immobilisa.
- " Fermes s'il te plaît il fait froid ".
Elle referma négligemment et s'adossa contre la porte de la salle de bain.
La température de la pièce contrastait fortement avec l'air froid du soir.
Muriel était dans l'eau, confortablement installée.
Greg s'approcha, s'assit à coté de la baignoire en poussant d'un geste distrait la mousse qui était tout prés de sa main.
L'eau était chaude; il faisait bon.
Son bras s'enfonça un peu plus dans l'eau.
- "Je croyais que tu voulais sortir..."
- "Je suis très impatiente de sortir et je crois que je vais d'ailleurs te bousculer un peu!"
Elle enleva ses vêtements, saisi une pince, attachât ses cheveux et se glissa avec elle dans la grande baignoire ronde.
Ainsi remontés sur la tête, ils lui donnaient suivant l'expression de Muriel "une allure de choux à la crème" ce qui avait d'ailleurs le don de froisser Greg très attachée à ses longs cheveux.
Elle la taquinait, mais adorait sa chevelure épaisse où elle aimait cacher son visage et respirer l'odeur de Greg.
Mais elles n'urent guère le temps de profiter de leur intimité; la sonnerie du téléphone portable retenti.
Muriel, qui en femme prévoyante l'avait placé à portée de main, décrocha.
-"Allô? Ah, Sophie, comment vas-tu? Oui..., bien, un peu claquée par le boulot, mais tu sais ce que c'est, le Vendredi on trouve toujours un peu d'énergie...
Oui, ce soir mais écoute je te la passe, moi je n'en sais pas plus."
Elle tendit le combiné à Greg.
-"Allô, So, comme toujours..., eh bien j'emmène ma dulcinée chez Sarah, vous nous rejoignez là-bas ?
Très bien nous y seront vers 20h; à tout l'heure alors."
Elle raccrocha.
-"Chez Sarah! Oh, mais dis donc on s'encanaille ce soir!"
-"Evidemment..."
-"Tu sais mon amour, on devrait un peu activer la manoeuvre."
Le visage de Muriel s'était éclairé, et son oeil rieur pétillait.
-"Dis moi une chose Mu, pourquoi est-ce que cet endroit te fascine tant?
Je sais bien qu'il ne s'agit pas de Sarah , bien au contraire, Sophie et Marion n'y sont pas non plus pour quelque chose, alors explique moi."
-"Eh bien disons que je jubile car j'aime te voir dans ce décor de pierres, tu fais très `Chouan' avec ton catogan . Et puis je trouve très excitant de tyranniser cette pauvre Sarah qui s'évertue à vouloir être mon amie sous prétexte que tu as eu une aventure avec elle dans tes `jeunes années'."
Greg sortit de l'eau, enfila un peignoir et se dirigea vers la chambre.
Ce soir elle se sentait de joyeuse humeur.
Voir Sophie l'enchantait, elle éprouvait pour elle une profonde amitié et celle ci le lui rendait bien.
Elles s'étaient rencontrées par l'intermédiaire de Muriel lors d'une soirée à l'hôpital de Lernes.
Comme dans beaucoup de petites villes, la communauté de femmes ayant choisi de vivre leur préférence se connaissait plus ou moins.
Greg avait déjà entendu parler de cette femme de dix ans son aînée et pas réellement en bien.
Aussi s'était elle tenue sur ses gardes lors de cette rencontre.
Mais elle avait du se rendre à l'évidence, les quelques mots qu'elles avaient échangées la lui avaient montré à son avantage et elles avaient plutôt sympathisé.
Ou plutôt disons qu'elles avaient eut l'impression de s'être toujours connues.
On avait décidé de se rencontrer à l'occasion du week-end end et une réelle amitié était née de ces après midi passés ensemble en toute simplicité.
Sophie avait 38 ans, ronde, plus petite que Greg, elle n’avait pas un physique de rêve, mais son charisme et sa personnalité en imposaient.
Blonde aux yeux marrons, son visage rieur était empreint d'une maturité et d'une force peu commune.
Originaire de l'autre bout de la France elle s'était retirée dans la région depuis quelques mois et son arrivée dans aussi petite ville avait semé un vent de panique dans la communauté féminine du pays.
Chirurgien émérite, elle avait acquis ses lettres de noblesse en étant l'élève des plus grands noms de sa spécialité et sa réputation l'avait précédé lors de son arrivée.
Elle s'était installée à son compte devenant propriétaire de son propre établissement, spécialisé dans la chirurgie post-traumatique.
Sa réussite foudroyante avait suscité des convoitises et celles ci s'étaient rapidement transformées en jalousie.
Mais Sophie se protégeait de tout, et le seul appui qu'elle avait réussit à conserver était celui de celle avec qui elle partageait sa vie, Marion.
Marion avait quelques années de moins que Sophie.
Elle l'avait suivie à Lernes consciente de cette nouvelle vie qui s'offrait à elles deux.
Elle avait un caractère marqué et sous ses airs posés, elle régentait son intérieur, aimant Sophie jusqu'à la déraison et la protégeant de tous.
Elle vivait enfermée dans une tour d'ivoire dont Sophie en avait fait le joyaux.
Greg regarda sa montre, il était 19h30, elle était prête.
Son reflet dans le miroir lui renvoyait une image qui la rassurait.
Elle approchait de ses trente ans et elle était ce quelle avait toujours voulu être, un être libre de ses actions et de ses sentiments.
-"Alors, est ce que ça va?..."
Muriel se tenait devant elle inquiète de sa tenue, de sa coiffure.
Comme à chaque fois quelle la regardait dans ces instants là Greg s'amollissait.
Son regard inquiet, ses gestes imparfaits traduisant cette impatiente attente d'une réponse la bouleversaient.
-"Parfait..., comme toujours."
Muriel acquiesça, elle avait sa réponse.
Greg alimenta la cheminée et ferma l'insert.
Elles descendirent au salon, enfilèrent leurs blousons et sortirent.
Une portière claqua, on entendit le crissement des graviers dans l'allée et la nuit se referma sur la Closeraie.
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13.11.2007
AU CHAT QUI LOUCHE -1- INTRO

Quand elle entra dans l’appartement de Laurence, la fraîcheur de la pièce la surpris.
Inhabité depuis leur rencontre, plusieurs mois s’étaient écoulés et tout semblait s’être figé.
Peu de meubles, leur modernité tout aggravait cette impression détestable que Greg avait ressenti dans ces appartements contemporains quelle appelait ‘Les Vitrines’.
Pas de plantes, pas de chat, pas de miettes, pas de chaussures qui traînaient dans un coin, pas de cheminée, rien, en un mot « pas de vie ».
L’odeur fade et froide de l’absence s’était installée.
Elle s’approcha ouvrit les fenêtres et poussa tous les volets pour chasser l’obscurité et laisser entrer l’air du printemps. La chambre, la salle de bain, elle ouvrit tout en grand.
Elle était attachée malgré elle à toutes ces choses qui les avait vues ensemble.
Il lui fallait les choyer pour ne pas abîmer les quelques souvenirs qu’elles lui offraient.
Elle revint vers la cuisine, ouvrit un placard, mis de l’eau à chauffer et se prépara un thé.
Puis, elle choisi un disque et s’installa dans la chaise club rouge.
Mais alors que la musique commençait à filtrer, le fracas de la fenêtre de la chambre la fit sursauter.
Elle se leva d’un bond.
Dans la chambre, l’air s’était engouffré vers la salle de bains et le dessus de lit avait glissé.
Au mur, le tableau de Lempicka était penché et Greg s’approcha pour le remettre en place.
Mais rien n’y fit, il était impossible de le faire tenir droit.
Elle le décrocha du mur.
L’accroche tableau était tordue.
Elle essaya de le redresser, mais..., avec un couteau, peut être...
En l’emportant vers la cuisine, elle sentit quelque chose sous ses doigts.
Entre la toile et les montants du tableau, des feuilles de papier étaient coincées.
Greg les fit glisser vers l’intérieur.
Une écriture torturée s’étalait devant elle.
Elle posa le tableau sur le canapé avant de s’y asseoir, les lettres à la main.
L’espace d’un instant elle eut envie de les remettre à leur place.
L’air frais la fit frissonner et l’arrêta presque; mais elle le savait, il y avait des moments où il était impossible de revenir en arrière.
Il s’agissait sûrement de vieilles lettres de Sophie, car Greg la reconnaissait, cette écriture perturbée, tracée à l’encre noire était la sienne.
Elle prit la première feuille.
Il n’y avait pas de date et elle commença à lire.
Juste pour le plaisir d’occuper un peu plus ton esprit.
Parce que toi comme moi savons que personne ne peut s’immiscer entre nous.
Parce que ta voix au téléphone ne me suffit déjà plus.
Tu m’as quitté depuis deux heures et j’ai toujours ton odeur sur moi.
J’attends pour prendre ma douche; toujours un peu plus, jusqu’au dernier moment.
Rien n’est plus intense que ces minutes que nous leurs arrachons.
Ton plaisir est ma certitude.
Ton avidité m’exaspère et m’est indispensable.
J’écris mon désir de toi, et rien ne m’en libère, mais je sais qu’il en est de même pour toi, et c’est ce qui me permet de résister encore.
Combien de temps peux-tu rester sans nous ?
Combien de temps peux-tu la laisser te toucher sans que tu ais besoin de moi?
La violence de ma faim n’a pas de limite, tu m’appartiens quoiqu’il advienne.
J’attends déjà de t’avoir contre moi pour pouvoir te posséder encore et toujours.
Tes roses se fanent sans toi.
S.»
Greg était figée, nerveusement elle déplia la suivante.
Bruxelles, 23 heures
La pluie, ces kilomètres qui nous séparent et ta douceur aux pourceaux.
Je suis folle de colère, dix fois j’ai failli décrocher le téléphone à côté de moi pour entendre ta voix.
Je me retiens de ça et de tout le reste, je partage mon temps entre ces dîners abjects pour lesquels je suis ici tout de même et le reste du temps à me languir de ton corps.
Je suis d’humeur maussade, peut être le temps.
Quinze jours sans toi me sont insupportables.
Je t’imagine devant le feu, dans ces dessous noirs que tu avais jeudi.
Je serais de retour Samedi prochain.
Rien n’est entre nous...
S. »
P.S.: J’ai commandé la Mercedes.
Greg laissa tomber sa main sur le canapé.
La Mercedes...
Elle attrapa le tableau et regarda de plus prés, rien, rien de plus…
Dans la salle à manger la chaise club rouge qui n’avait manqué aucuns détails vit Greg s’approcher d’elle.
Elle sentit les deux lettres se poser sur elle et le tableau vint s’appuyer en équilibre contre son dossier.
La femme ferma tous les volets, tira la porte et sortit.
...
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20.04.2007
Suite de la CHAISE -CLUB
De ses vies d’avant, l’exotisme n’avait jamais était absent et s’était parfois cacher dans l’imaginaire jouissif de gens simple et direct.
Elle avait vécu les odeurs fortes et transpirantes d’étés étouffants, l’humidité engouffrée d’une porte que l’on lutte pour refermer sur une tempête marine en hiver.
Les soirées empesées d’alcool, de mains grasses et collantes sur ses bras.
Le troquet ou sa jeunesse s’était écoulée était là, sur le quai d’un port de Bretagne ou l’odeur de marée prenait à la gorges.
Derrière le comptoir, il y avait Mélanie, ou plutôt ‘La Mélanie’.
Tous la regardaient comme un phare, un amer, s’y raccrochaient matin et soir après leurs journées de labeur.
Quelque soit l’heure et le temps, on se retrouvait à la « Belette rouge ».
La Chaise-Club savait que c’était de là que lui venait son excentrique couleur.
Elles étaient toutes une bande de Chaise-club rouges, groupées dans un désordre juvénile, vivant en micro société de quatre autour de tables robustes et sages respirant la stabilité.
Mais les soirées arrosées de la jeunesse alentours les mélangeaient toutes les fins de semaine et La Mélanie tout en veillant à y remettre de l’ordre n’était pas assez maniaque pour leur interdire toute les mutations géographique d’hiver.
Car à partir du printemps, La Mélanie se faisait plus stricte, pas de Chaise-Club dehors, le soleil Breton les aurait ils par trop agressé ?
Rien n’y faisait, il n’y avait eut que de rares occasion au plus gros de la saison touristique ou quelques unes d’entre elles avaient pu se glisser à l’extérieur, emportée par une main subversive.
Dans ses souvenirs il y avait aussi l’image de son préféré, son Monsieur Pierre, qui jusqu’à son dernier jour était venu s’assoir au milieu de ses bras.
Il tirait lentement sur sa pipe.
Il avait les cheveux très blancs sous sa casquette; le visage marqué de longs sillons profonds, un regard dur et clair.
Un tranquille qui dévisageait le monde et souriait peu.
Et tous les soirs vers 19h, ses mains épaisses saisissaient son verre qu’il finissait de vider, il enfilait son parka, ajustait sa casquette et sortait,… jusqu’au lendemain.
Et puis un jour, il oublia sa casquette…, c’était juste quelques jours avant le grand chambardement, si j’avait su …
Mais son ignorance le laissa partir sans un geste d’accroche de veste, et, elle ne le revit jamais…
Quand la « Belette rouge » ferma, le mobilier fut vendu et dispersé.
C’est la que commença « le Grand Voyage ».
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18.04.2007
VIES ET MOEURS D'UNE CHAISE-CLUB ROUGE
Le rouge orangé de son simili cuir se fendille peu à peu et de légères crevasses trahissent son âge avancé.
Bien qu’elle soit toujours bien calée dans ses pieds, chacun d’entre eux devient susceptible et ne supporte pas d’insistantes sollicitations.
HYPOTHESE -A-
Il fallait emprunter l’allée pavée pour sonner à la porte de Monsieur le curé.
La cure, derrière l’église offrait un visage sage et bien rangée.
Mademoiselle Arlette veillait sur le jardinet avec une insistance entêtée.
On la voyait toujours, le sécateur à la main, occupée à son jardin comme accrochée à une ile déserte.
« Ah, moi, mon dehors vous savez, c’est une chose qu’il ne faudrait pas qu’on m’enlève… »
D’ailleurs, était-ce la crainte des représailles ou l’inquiétude de la non performance, aucun des habitants de Paussac ne songeait à revendiquer l’usage ou le maintient en ordre du dit jardinet…
Vers 10h, Arlette tirait les rideaux de l’unique fenêtre de la cuisine.
Monsieur le curé revenait de ses occupations pastorales et s’asseyait en poussant un soupir de contentement.
C’était l’heure de son « p’tit café » que Mademoiselle Arlette dans ces habitudes immuables ne manquait jamais de lui préparer.
Sucré d’un demi morceau, tourné, délicatement posé sur un petit plateau de zinc sans âge, il dégageait une odeur délicate qu’accompagné volontiers la fleur d’oranger de quelques galettes préparées avec … amour...
Quelques soit la saison, Monsieur le curé, Pierre de Billanda, prenait son café dans la cuisine.
Sa chaise-club rouge jurait bien un peu au milieu de cette cuisine polie et respectueuse, mais pour rien au monde, il n’aurait eut idée de s’asseoir ailleurs.
Le moelleux du siège à ressort, le léger couinement qui précédait son soupir de contentement faisait un tout, comme une communion, une préparation à la célébration,…
Arlette, debout derrière lui, se tenait fixement, se préparant à l’office.
Tous les matins, Pierre attrapait sa cuillère à café et tournait à nouveau le breuvage, par tradition cultuelle, il donnait la mesure.
Les mains d’Arlette se posaient alors sur ses épaules.
La cuillère tintait, secouée contre la tasse de la goutte imaginaire dont il fallait la débarrasser.
Les mains de la femme attaquaient alors leur danse, pétrissant les trapèzes de l’homme arasé…
Il portait alors la tasse à ses lèvres, dégustant la noire préparation, les yeux mi clos, pénétrant alors le monde des sens…
Du dehors, les rideaux tirés ne laissaient rien paraitre, tout au plus on pouvait entendre parfois comme des couinements de ressorts…
La chaise-club rouge, ne garda de cette époque qu’une usure de ressort et d’indiscrets souvenirs.
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Ce qu’Emeline aimait le plus, c’était ces moments qu’elle arrivait à lui dérober.
Elle travaillait tous les soirs et de son bureau à l’étage, a travers une des rainures du plancher de bois, elle pouvait apercevoir le ballet de Laurence et de la Chaise-Club rouge.
La salle de bains en dessous du bureau s’articulait, dans ses couleurs et son agencement, autour de la Chaise qu’elles possédaient depuis leur « commencements »…
Elle les avait suivies partout, avant de trouver enfin sa place dans la salle de bain de leur nouvelle maison.
Et tous les soirs, quand Laurence rentrait de son travail, il y avait le moment qu’Emeline attendait toujours…
Une fois dans la salle de bains, Laurence commençait par enlever son pull, puis sa jupe ou sa robe, puis, ses bas…
Assise sur la chaise, les jambes croisées nonchalamment sur l’un des bras, elle défaisait son chignon.
A ce moment, là, celui ou les longs cheveux bruns tombaient en un flot souple et lourd, Emeline entendait toujours le bruit sourd de son cœur frapper dans sa poitrine.
L’odeur de Laurence parvenait presque jusqu’à elle, ou alors étais-ce que son imagination olfactive la torturait encore ?
Elle aimait la voir ainsi, mate et brune sur le rouge brillant, au travers de cette faille de bois, l’œil fixé sur ses désirs…
La Chaise-Club, elle, aimait ses instants de lascivité, de calme mais n’était en rien dupe du manège qui se jouait la haut !!!
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05.12.2006
LE CHENE DE LEON
Si je pense à mon enfance, elle est associée à l’odeur de la terre après l’averse.
A celle du thym mouillé, a l’odeur des champignons dans les sous bois de chêne.
Ici, dans la région, la pluie est rare.
Le plus souvent, quand elle tombe c’est plutôt violemment et pour pas très longtemps.
Alors, dans les images qui me reviennent, il y a cette brume de buée d’après la pluie.
La terre plus chaude que l’air semble essayer de sécher sa peau en évaporant toute cette eau.
C’est à ce moment là que l’odeur est la plus forte et la meilleure.
Au chaud, dans mon blouson et mes bottes, je marche sur le chemin de terre rouge où l’on devine à peine les flaques de même couleur.
Je dois avoir environ 10 ans.
Un peu plus loin devant, Léon marche avec son panier en rotin pendu au bras.
Lui aussi, il sent l’air.
Il a sa casquette en velours sur la tête, celle de la campagne, d’ailleurs elle reste là quand on repart du week end ou des vacances.
C’est le mois d’Octobre, peut être un peu plus tôt ou un peu plus tard dans l’année, cela dépend.
En tout cas, c’est le moment des champignons.
Les seuls que je connaisse, c’est lui qui me les a appris.
Les moins nobles, les Pissacans, avec leur chapeau un peu gluant où se collent les feuilles de chênes et tout le reste.
Dessous, au lieu d’y avoir des lamelles c’est comme une mousse jaune qui s’écrase sous le doigt.
« Et fait bien attention, quand tu coupes le pied avec ton couteau, la meurtrissure, elle doit pas devenir bleue, sinon c’est des pas bons.
Enfin, les pissacans, c’est pas les meilleurs… »
Pourtant on revenait souvent avec des pissacans, surtout si ils étaient petits et que, « y en avait bien ».
Ma grand-mère les préparait au vinaigre et à l’huile d’olive avec des oignons et un peu de genièvre.
A l’apéritif ou en entrée, ils ne restaient pas très longtemps dans le plat !!!
Quand ils étaient plus gros, ils étaient souvent attaqués par les vers et ça j’avoue que ça me faisait pas très envie…
Il y avait aussi les russules, leurs fonds blancs se masquaient de coups de pinceau violacé et quand il « y en avait », elles étaient souvent charnues et saines.
Quelques barbes de capucins venaient parfois égayer notre cueillette de leurs couleurs d’ocre variées.
Il y a bien eut quelques cèpes parfois, mais j’avoue que je ne faisait pas partie des périples qu’entreprenait mon grand père pour les trouver.
Ils le faisait disparaître des demi journées entières et il devait faire de la distance pour rejoindre des lieux qui n’étaient peut être pas tous ‘libre d’accès’…
Et puis il y avait le moment des ‘Rouges’ ou des ‘Safranés’, ceux là on les trouvait dans les sous bois de pins, au milieu des lits d’aiguilles.
Les Rouges déjà, c’était mieux, plus honnète pour un ramasseur.
Les Safranés, eux, laissaient cette couleurs magique sur la lame du couteau.
Une fois revenus au chaud, il les prenait par leurs pieds creux et les nettoyait vite fait sous un filet d’eau « pour pas qu’ils s’imbibent ».
Ils se retrouvaient ensuite alignés, chapeaux en bas et pieds en l’air sur la plaque métallique du four.
Je revois, la généreuse pincée de sel, l’ail et le persils hachés parsemés sur leur dos et la bouteille d’huile bouchée du pouce de Léon arrosant copieusement le tout.
Eux aussi ne faisaient pas ‘long feu’ sur la table du dîner.
A l’arrivée du plat de Rouges, saisis et alignés comme un bataillon en ordre de marche, Léon avait le regard fier et le torse bombé du Spécialiste !!!
Chacun y allait de sa remarque mais il n’y avait jamais de discussion, car l’essentiel était dans la dégustation…
Il y avait aussi, les truffes «à la mouche», les escargots, le cabanon, le moteur Bernard qui servait de pompe et alimentait la cuve a eau ;
Tao, mon chat qui est mort ce mois ci à 13 ans et que l’on a trouvé bébé, amené par sa mère alors qu’on avait jamais vu de chat dans ce trou perdu, et tant d’autres choses…
Il y a surtout eut mes trente deux premières années dans cette maison de vacances.
Et puis il n’y a plus eut que moi qui ait continué à y aller, mes grands parents ont vraiment vieillit et ils ont pensé que vendre était la solution.
La dernière fois que j’y suis allé, c’était il y a 6 ans.
Cela a été comme un déchirement de soie, une coupure sans trop de bruit, sauf celui, léger, des quelques objets que j’ai récupéré.
Le cadre avec la petite fille aux lapins de la chambre rose de Claude, la table en bois du dehors un peu vermoulue, un chandelier pas très beau à trois branches, la commode de la chambre jaune…
Puis j’ai dit au revoir au chêne ou je m’asseyais quand j’étais petite, à la ruine d’en bas que j’ai toujours rêvé d’habiter, au chemin de terre rouge et surtout à mon enfance, à ma jeunesse, à l’insouciance...
Quelques semaines plus tard, mes grands parents étaient très fier de nous donner à tous l’argent du partage qu’ils avaient fait de la vente…
Les années ont passé, Léon est parti, tu partages ma vie et nous avons notre maison.
J’espérais que je pourrais un jour avoir un ‘chez moi’ que cet argent aurait participé à acquérir; il n’étais pas question d’autre achat.
C’est chose faite et plus que tout, il y a contre nous ce gros chêne sur son rocher qui nous protège du soleil l’été et nous tiens compagnie l’hiver.
Pour moi, c’est un peu le chêne de Léon, il me rappelle à mon enfance et il sent bon mes souvenirs.
Il est ce morceau de moi que j’ai peur d’oublier ou de perdre.
Je me souviens que Léon, assis dans son fauteuil du salon, m’a dit un jour en rigolant:
« C’est curieux, au plus je vieillis, au plus mes souvenirs me reviennent et son précis, rends toi compte que j’ai l’impression de sentir les odeurs… ».
Tu crois que c’est parce que ma quarantaine se rapproche ?!…
07:25 Publié dans ESSAI | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Chêne, campagne, enfance, terre, champignons, thym, souvenir
28.09.2006
MERCI POUR LES BAFFES !
En lisant ce post ce matin :
http://www.sandzworld.com/index.php/2006/09/27/105-la-tou...
Je mes suis souvenu de l’histoire dans laquelle Agnès avait faillit se noyer (selon ses dires)…
« Ce soir là Caro me téléphone pour une bouffe et accessoirement me présenter sa nouvelle dulcinée.
J’arrive à la bourre ce qui est très rare pour moi (j’ supporte pas les rencards ou tu plantes 1h à attendre tous le monde), mais là pour le coup je leurs fait la totale.
Quand Caro m’ouvre la porte, je comprends que ça ne les a pas perturbé, au contraire …
Je fais la connaissance de Muriel, un peu sur la réserve, charmante brune longue et sportive, mais sans plus.
Soirée cool qui ne s’éternise pas trop, j’ai été élevée comme ça, je m’échappe toujours de peur de déranger…
Au moment du départ, Caro à des étoiles dans les yeux et franchement ça me fait plaisir de la voir comme ça, y’avait si longtemps.
Et Muriel d’enchaîner en plongeant son regard dans le mien
-« tu viens avec nous demain soir on va au concert de ‘BLIP’ »
-« Euh, je sais pas… »
-« On se retrouve au ‘tribal’ vers 20h ! »
C’est à ce moment là, oui c’est à ce moment là que je l’ai vraiment vue et que les ennuis ont commencé.
Le lendemain , j’ai passé une super soirée, un feeling avec Muriel du tonnerre de dieu, même goûts musicaux, franche camaraderie, Caro un peu en retrait avec ce mal de tête qui lui à gâché la soirée, dommage ( c’est ça de peu dormir la nuit…).
Je me souviens qu’en rentrant chez moi ce soir là, je me suis fait la réflexion que la vie de célibataire était vraiment faite pour moi !
Liberté chérie…
Quand la semaine suivante Caro m’a appelé pour me proposer d’aller boire un pot au ‘tribal’ j’y suis allée pleine d’une légèreté joyeuse.
Je la trouve seule avec sa bière et une mine que je ne qualifierais pas de réjouie.
Je m’inquiète de savoir comment ça va, où est Muriel et j’entends que « ç’est moyen mais qu’elle va arriver ».
Comme toujours dans ces moments là, Caro n’est pas très prolixe et moi toujours cette foutue éducation j’ose pas trop questionner.
Muriel est passée quelques instants j’ai capté que ce n’était pas le top avec Caro mais bon, elle était en forme, nous a proposé d’aller avec elle dans un pub branché musique qu’était un peu plus loin mais Caro n’était pas d’attaque et moi, je suis resté avec ma copine !
La soirée à été alcoolisée et Caro qui est très sportive et ne boit donc que très peu à fini assise sur le trottoir vers 1h à supplier qu’on ‘la laisse là qu’elle avait envie d’être tranquille’.
J’ai donc fini mon Vendredi soir en la ramenant de force chez elle et je suis rentré chez moi un peu fatiguée.
J’étais en train de maugréer contre le syndic de cette P… de résidence où y’a jamais de place pour se garer à 2heures du mat quand je me retrouve nez à nez avec Muriel dans sa voiture…
Là, j’avoue que je ne me suis pas interrogé sur ce quelle faisait là et je lui ai proposé de monter chez moi.
Dans l’ascenseur je me suis demandé ce qui m’arrivait et le matin j’en revenais pas d’avoir une telle beauté dans mon lit.
Tu vois, j’ai rencontré des gens avec qui c’était bien, mais là, ça à été cataclysmique.
Le top du top et le tréfonds de l’horreur.
Cette nana était réellement fabuleuse; belle, intelligente, sensuelle, rebelle et soumise à la fois mais d’une instabilité affective époustouflante.
Il a d’abord fallut que je dise à Caro que je lui avais pris sa nana…, grand moment !
Ensuite, je dirais que les trois ou quatre années qui ont suivit n’ont été qu’une suite de baffes qui m’ont fait grandir…
Mais putain qu’est ce que je me suis éclatée à les prendre »
Comme quoi, dans le post de Sand on peut rajouter :
Version « tartes passion » :
- Du bon, du hard, du chaud, du qui fait perdre le nord, du qui remet les idées en place et qui fait grandir, finalement trouver la confiance c’est le must…
Sacrée Mme A.Maturation
Merci Agnès.
09:40 Publié dans ESSAI | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.09.2006
NOT IN THE CITY
- « Excusez moi, les toilettes s’il vous plait ? »
A cet instant précis, un bruit parasite essaye coûte que coûte de s’insinuer dans le pavillon de l’oreille de Swan, mais il semble que l’épaisseur de l’air empêche les sons de se propager, sûrement le taux d’hygrométrie des toilettes pour dames.
Ou la résonance de la faïence des murs …
Glauque non ?
Pendant ce temps, a 8000 Km de là, on entend Helena plagier les dialogues ci dessus sans quelle le sache.
Mais sa chemise est repassée et son visage presque parfait de brune aux yeux clairs ne se rapproche en rien de la peau grasse et transpirante de Swan.
Ses mains fines et expertes caressent la nuque blonde dans un gros plan parfait.
Musique…
Pourtant tout avait si bien commmencé…
« Aaaamour, gloire et beautéeeeeee »
Ma sœur enlève ses gants mappa et s’essuie fébrilement les mains sur son tablier.
-« Tu fais le café ? » claironne t elle joyeuses en se laissant tomber vivement dans son fauteuil en rotin, se préparant à vivre 50 minute de bonheur feuilletonesque.
-« Bien sur Emmanuelle que ne ferais je pour toi !!! »
08:18 Publié dans ESSAI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2006
Et si
Quand tu me souris, j’ai le cœur au bord des yeux.
Je sais que je ne peux l’avoir ailleurs, d’ailleurs…
Ne pas laisser filtrer les mots et laisser mes jambes se balancer sous ma chaise, comme y a longtemps.
Parfois je me dis que si les choses étaient différentes, nous aurions sûrement quelques atomes crochus…, mon esprit erre, invente, rêve nos rapprochements incertains.
Je préfère penser que ma déception serait grande…
C’est beaucoup plus simple.
Le sérieux de nos discussions m’amuse parfois, elles meublent nos quelques face à face, se font de plus en plus rares et je me surprends à passer plus de temps dans nos regards qui se parlent.
11:24 Publié dans ESSAI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.09.2006
AGNES
Le souvenir de son visage passa dans sa mémoire.
Des présentations en forme de souvenirs de vacances chez des amies.
Des fous rires, ses fossettes et un regard joueur…, avec des étoiles…
Ses appétits, qui lui avaient semblé alors démesurés et insatiables.
La lancinante question qui s’était alors présentée :
Adéquation ?
Satisfaire, se satisfaire, satisfaire sans se satisfaire, se satisfaire sans satisfaire…
Les mots, les mots lui échappaient, se vidaient de leurs sens, s’entrechoquant dans une fontaine syllabique.
Tout s’était arrêté très vite entre elles, sans heurts, comme naturellement.
Il ne lui en été resté en y repensant que la première sensation de manque physique de sa jeune vie.
Oui; bien que ces souvenirs lui paraissent comme d’une autre époque, c’était la première fois qu’elle avait ressentie l’absence en terme physique dénué de tout affect.
Un truc qui me prend les tripes s’était elle entendue dire en confidences.
Quand elle ressortit de son souvenir, la première vision qu’eue Agnés fut celle de milliers de bulles qui montaient à l’assaut de son verre.
Ce truc dingue du « moment » se dit elle !
Imagine comment tu aurais vécu ça, là, avec dix ans de plus s’amusa t elle !
Appétits insatiables…
Quel foutu décalage !
11:56 Publié dans ESSAI | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note